​Révision constitutionnelle : Alioune Tine réclame un consensus et met en garde le pouvoir



L'annonce du dépôt d'une proposition de loi de révision constitutionnelle par les députés de Pastef suscite une vague de réactions au Sénégal. Parmi les voix les plus critiques, Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, a fermement rappelé que toute réforme de la Loi fondamentale doit impérativement s'appuyer sur un large consensus plutôt que sur une simple logique arithmétique.
 
« Le peuple ne se définit pas par la majorité des électeurs », a martelé le droit-de-l'hommiste ce vendredi 26 juin 2026, soulignant que « les électeurs sont une minorité ». Selon lui, exclure les sensibilités minoritaires du débat expose le pays au risque de voir toute une partie de la population ignorée.
 
Pour justifier sa mise en garde, Alioune Tine a convoqué l'histoire politique récente du pays, rappelant la récente mobilisation populaire du 23 juin où le peuple s'est frontalement opposé à l'Assemblée nationale sur un projet similaire. « C’est une leçon à méditer », prévient-il, avant de lancer un mot d'ordre inflexible : « Dialoguer, dialoguer, dialoguer ».
 
Cette sortie s'inscrit dans la continuité des alertes du chercheur, qui plaidait déjà en mai dernier pour que les réformes électorales et constitutionnelles passent par le dialogue ou le référendum, et non par la seule volonté d'un parti majoritaire. Une inquiétude partagée par d'autres observateurs, à l'image de Lansana G. Sakho (APIX), qui regrettait récemment une dérive partisane du débat public : « On ne construit plus de citoyens, on construit des électeurs ».


Vendredi 26 Juin 2026 13:28


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