​Sénégal : Seydou Guèye alerte sur la transparence électorale et la cherté de la vie



Lors de son passage à l’émission « Jury du Dimanche », l’ancien ministre et porte-parole du gouvernement sous la présidence de Macky Sall, Seydou Guèye, a exprimé de vives préoccupations concernant le processus électoral et la situation socio-économique au Sénégal.
 
Selon lui, le principal combat que l’opposition doit mener actuellement est celui de la transparence et de la régularité électorale. Il affirme que plusieurs éléments récents suscitent l’inquiétude, notamment la cyberattaque signalée au niveau de la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF), dont l’ampleur des dégâts reste, selon lui, inconnue.
 
« Depuis le 1er février, on devrait ouvrir la période de la révision ordinaire. Mais il n’y a pas encore de décret du Président de la République fixant la date des élections », a-t-il déploré. À ses yeux, si cette révision ordinaire n’est pas possible, une révision exceptionnelle devrait être organisée, ce qui n’a pas encore été annoncé.
 
L’ancien ministre redoute ainsi une répétition de ce qu’il qualifie de « coup fourré » lors des précédentes législatives. « Même la date de l’élection a été cachée. L’avis de la Cour suprême a été dissimulé aux électeurs », a-t-il affirmé, dénonçant également certaines décisions prises sans la participation de l’opposition.
 
Pour Seydou Guèye, cette situation rompt avec une tradition politique sénégalaise basée sur la concertation entre les différents acteurs impliqués dans le processus électoral : institutions électorales, société civile, partis politiques et administration. « Chaque fois qu’on allait vers des élections, tous les acteurs se retrouvaient autour d’une même table pour s’accorder sur les règles et les principes », a-t-il rappelé.
 
Il estime que cette dynamique de consensus a permis au Sénégal de connaître plusieurs alternances démocratiques au cours des dernières décennies. « C’est ce qui nous a valu trois alternances démocratiques en 24 ans », a-t-il souligné, regrettant qu’aujourd’hui « tout se passe comme si on voulait refaire l’histoire à reculons ».
 
Au-delà des questions électorales, l’ancien ministre a également évoqué un second combat porté par l’opposition : la lutte contre la cherté de la vie. Il décrit une situation marquée par une crise multidimensionnelle, une jeunesse en manque de perspectives et une gouvernance qu’il juge hésitante.
 
« La réalité, c’est une jeunesse qui est désemparée et une gouvernance qui tâtonne, qui cherche son chemin », a-t-il déclaré.
 
Malgré ces critiques, Seydou Guèye a insisté sur l’attachement de l’opposition à la stabilité du pays. « Nous aimons le Sénégal, nous ne le détruirons pas. Nous voulons le construire. Nous l’avons déjà construit et nous voulons continuer à le construire », a-t-il affirmé, rejetant toute perspective de violence politique.
 
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par des débats récurrents autour de l’organisation des élections et des défis économiques auxquels fait face le Sénégal.


Dimanche 8 Mars 2026 18:24


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