Malgré les avancées enregistrées avec la loi sur la parité, les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap restent largement absents des postes de décision au Sénégal. C'est le constat dressé par Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l'ONG 3D et coordonnateur du COSCE, lors d'un atelier de plaidoyer organisé par le Réseau Siggil Jigeen et le COSCE, ce jeudi dans le cadre du programme « Saxal Jàam ».
« Une démocratie ne se juge pas seulement à la qualité de ses élections. Elle se juge aussi à la capacité de chacun de ses citoyens d'accéder aux plus hautes responsabilités de l'État », a déclaré Moundiaye Cissé devant des représentants de l'État, des organisations de femmes, de jeunes, de personnes en situation de handicap et des partenaires techniques et financiers.
Selon lui, les chiffres montrent que plusieurs catégories de la population restent encore écartées des lieux où se prennent les décisions.
Seulement trois femmes candidates à la Présidentielle
Pour illustrer cette situation, le coordonnateur du COSCE a rappelé que le Sénégal a organisé douze élections présidentielles, mais seulement trois femmes se sont portées candidates. « Les trois seules femmes à avoir été candidates à l'élection présidentielle au Sénégal sont Diouma Dieng Diakhaté, Amsatou Sow Sidibé et Anta Babacar Ngom. Aucune d'entre elles n'a encore accédé à la magistrature suprême », a rappelé Moundiaye Cissé.
Il a également relevé que depuis les indépendances, aucune femme n'a présidé l'Assemblée nationale, malgré les quatorze présidents qui se sont succédé.
Concernant la Primature, le Sénégal a connu 17 chefs de gouvernement depuis 1957, mais seules deux femmes, Mame Madior Boye et Aminata Touré, ont occupé cette fonction.
Les ministères régaliens restent fermés aux femmes
Moundiaye Cissé a estimé que les femmes demeurent également absentes des ministères les plus stratégiques. « Les ministères des Finances, du Budget, de l'Intérieur et des Forces armées n'ont jamais été dirigés par une femme », a-t-il rappelé.
Il note que le ministère de la Justice est le seul département régalien à avoir connu plusieurs femmes ministres, notamment Mame Madior Boye, Aminata Touré, Aïssata Tall Sall et Yassine Fall.
Pour lui, le problème ne vient pas du manque de compétences. « Personne ne peut soutenir aujourd'hui que les femmes ne sont pas compétentes. Elles dirigent des banques, des universités et des entreprises. Le problème n'est pas celui des compétences, mais celui de l'accès au pouvoir », a-t-il insisté.
« La parité ne garantit pas encore le partage du pouvoir »
Le coordonnateur du COSCE a toutefois reconnu que la loi sur la parité a permis à davantage de femmes d'intégrer les conseils municipaux, départementaux et l'Assemblée nationale.
Mais, selon lui, cette avancée reste insuffisante. « La représentation ne signifie pas encore le partage du pouvoir », a-t-il déclaré.
Il a rappelé qu'au Sénégal, seulement 19 femmes dirigent les 558 communes, soit environ 3 %, tandis que 3 femmes seulement président les 43 conseils départementaux. « Les femmes siègent davantage dans les assemblées, mais elles restent très minoritaires lorsqu'il s'agit d'occuper des fonctions exécutives ou de prendre des décisions », a-t-il regretté.
Il a également souligné que le gouvernement issu de la troisième alternance ne compte que quatre femmes sur vingt-cinq ministres.
Les jeunes et les personnes handicapées aussi exclus
Moundiaye Cissé a également attiré l'attention sur la faible représentation des jeunes dans les postes de responsabilité. « Les jeunes représentent la majorité de notre population. On leur demande de voter, de faire campagne et de mobiliser, mais on hésite encore à leur confier les leviers du pouvoir », a-t-il déploré.
Le même constat est fait pour les personnes en situation de handicap. « Malgré les progrès de la législation, elles demeurent quasiment absentes des postes de décision. Ce n'est pas un manque de compétences, mais le regard que notre société porte encore sur leurs limitations plutôt que sur leurs capacités », a-t-il expliqué.
« L'inclusion doit devenir une politique publique »
Pour le directeur exécutif de l'ONG 3D, le Sénégal doit franchir une nouvelle étape en matière de gouvernance. « Une République qui laisse durablement les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap à l'écart des lieux de décision se prive d'une immense richesse humaine. Elle se prive de talents, d'expériences et d'idées nouvelles », a-t-il affirmé.
Il a ainsi lancé un appel aux autorités. « L'inclusion ne peut pas être un slogan. Elle doit devenir une véritable politique publique. Le jour où chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais, quel que soit son sexe, son âge ou sa situation de handicap, pourra légitimement aspirer aux plus hautes fonctions de l'État, nous pourrons dire que notre République aura tenu sa promesse d'égalité », a-t-il soutenu.
« Une démocratie ne se juge pas seulement à la qualité de ses élections. Elle se juge aussi à la capacité de chacun de ses citoyens d'accéder aux plus hautes responsabilités de l'État », a déclaré Moundiaye Cissé devant des représentants de l'État, des organisations de femmes, de jeunes, de personnes en situation de handicap et des partenaires techniques et financiers.
Selon lui, les chiffres montrent que plusieurs catégories de la population restent encore écartées des lieux où se prennent les décisions.
Seulement trois femmes candidates à la Présidentielle
Pour illustrer cette situation, le coordonnateur du COSCE a rappelé que le Sénégal a organisé douze élections présidentielles, mais seulement trois femmes se sont portées candidates. « Les trois seules femmes à avoir été candidates à l'élection présidentielle au Sénégal sont Diouma Dieng Diakhaté, Amsatou Sow Sidibé et Anta Babacar Ngom. Aucune d'entre elles n'a encore accédé à la magistrature suprême », a rappelé Moundiaye Cissé.
Il a également relevé que depuis les indépendances, aucune femme n'a présidé l'Assemblée nationale, malgré les quatorze présidents qui se sont succédé.
Concernant la Primature, le Sénégal a connu 17 chefs de gouvernement depuis 1957, mais seules deux femmes, Mame Madior Boye et Aminata Touré, ont occupé cette fonction.
Les ministères régaliens restent fermés aux femmes
Moundiaye Cissé a estimé que les femmes demeurent également absentes des ministères les plus stratégiques. « Les ministères des Finances, du Budget, de l'Intérieur et des Forces armées n'ont jamais été dirigés par une femme », a-t-il rappelé.
Il note que le ministère de la Justice est le seul département régalien à avoir connu plusieurs femmes ministres, notamment Mame Madior Boye, Aminata Touré, Aïssata Tall Sall et Yassine Fall.
Pour lui, le problème ne vient pas du manque de compétences. « Personne ne peut soutenir aujourd'hui que les femmes ne sont pas compétentes. Elles dirigent des banques, des universités et des entreprises. Le problème n'est pas celui des compétences, mais celui de l'accès au pouvoir », a-t-il insisté.
« La parité ne garantit pas encore le partage du pouvoir »
Le coordonnateur du COSCE a toutefois reconnu que la loi sur la parité a permis à davantage de femmes d'intégrer les conseils municipaux, départementaux et l'Assemblée nationale.
Mais, selon lui, cette avancée reste insuffisante. « La représentation ne signifie pas encore le partage du pouvoir », a-t-il déclaré.
Il a rappelé qu'au Sénégal, seulement 19 femmes dirigent les 558 communes, soit environ 3 %, tandis que 3 femmes seulement président les 43 conseils départementaux. « Les femmes siègent davantage dans les assemblées, mais elles restent très minoritaires lorsqu'il s'agit d'occuper des fonctions exécutives ou de prendre des décisions », a-t-il regretté.
Il a également souligné que le gouvernement issu de la troisième alternance ne compte que quatre femmes sur vingt-cinq ministres.
Les jeunes et les personnes handicapées aussi exclus
Moundiaye Cissé a également attiré l'attention sur la faible représentation des jeunes dans les postes de responsabilité. « Les jeunes représentent la majorité de notre population. On leur demande de voter, de faire campagne et de mobiliser, mais on hésite encore à leur confier les leviers du pouvoir », a-t-il déploré.
Le même constat est fait pour les personnes en situation de handicap. « Malgré les progrès de la législation, elles demeurent quasiment absentes des postes de décision. Ce n'est pas un manque de compétences, mais le regard que notre société porte encore sur leurs limitations plutôt que sur leurs capacités », a-t-il expliqué.
« L'inclusion doit devenir une politique publique »
Pour le directeur exécutif de l'ONG 3D, le Sénégal doit franchir une nouvelle étape en matière de gouvernance. « Une République qui laisse durablement les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap à l'écart des lieux de décision se prive d'une immense richesse humaine. Elle se prive de talents, d'expériences et d'idées nouvelles », a-t-il affirmé.
Il a ainsi lancé un appel aux autorités. « L'inclusion ne peut pas être un slogan. Elle doit devenir une véritable politique publique. Le jour où chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais, quel que soit son sexe, son âge ou sa situation de handicap, pourra légitimement aspirer aux plus hautes fonctions de l'État, nous pourrons dire que notre République aura tenu sa promesse d'égalité », a-t-il soutenu.