​Sit-in du Sames-Sutsas : la tension monte devant le ministère de la Santé, l'affaire « SoftCare » au cœur de la discorde



​Le parvis du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique a été le théâtre d'une manifestation vendredi. À l’appel du mouvement « Frappe » et soutenus par la jonction syndicale SAMES-SUTSAS, les travailleurs ont crié leur colère face à ce qu'ils appellent l'affaire SoftCare, un dossier qui secoue le secteur depuis maintenant deux mois.
 
​Le sit-in a marqué un tournant dans la mobilisation. Pour la première fois de manière aussi visible, les syndicalistes de l'Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), regroupés sous la bannière SAMES-SUTSAS, ont rejoint les activistes pour dénoncer l'inertie des autorités.
 
​Pour le Docteur Abou Dia, membre de la jonction des luttes, l'enjeu dépasse le simple conflit de travail, c'est la crédibilité même des institutions qui est en jeu. « Nous avons répondu à l'invitation du mouvement concernant l'affaire SoftCare. Ce dossier fait partie intégrante de notre plateforme revendicative. Le respect des procédures dans cette affaire est une question de crédibilité pour l'agence de réglementation », a-t-il martelé au micro de la RFM.
 
​Au-delà du scandale SoftCare, les manifestants ont profité de cette tribune pour exposer un malaise plus profond au sein de l'administration sanitaire. Le Dr Dia a notamment pointé du doigt, la mauvaise gestion des ressources et des reçus du domaine de l'ARP, l'opacité dans la sélection des collectivités personnelles, le manque de dialogue social avec les autorités de tutelle.
 
​Malgré les pressions, la détermination des travailleurs semble intacte. Alors qu'une grève de 72 heures s'achève cette semaine, le syndicat a déjà annoncé la reconduction du mouvement pour la semaine prochaine. La réponse de la Direction générale, qui a procédé à des coupes de salaires pour fait de grève, n'a pas eu l'effet dissuasif escompté. Bien au contraire. « Cela ne va pas nous diminuer. Au contraire, cela nous a motivés davantage à lutter pour l'intérêt de la population sénégalaise », prévient le Docteur Dia.
 
​Alors que le système de santé entame une nouvelle phase de turbulences, les regards se tournent désormais vers le ministre de la Santé. Les grévistes attendent une réponse « positive » pour ces travailleurs qu'ils décrivent comme les derniers remparts de la santé publique au Sénégal.


Samedi 7 Février 2026 11:09


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