​Suivez en DIRECT le 16e jour du procès Imam Aliou Ndao et de ses co-accusés

C’est reparti pour le procès de l’Imam Aliou Ndao à la Chambre criminelle de Dakar. L’Imam de Kaolack qui avait déjà comparu jeudi, va continuer d'essayer de convaincre le juge et le procureur de la République de son innocence sur les accusations portées contre lui. Lui et ses co-accusés sont poursuivis pour apologie du terrorisme, blanchiment d'argent, association de malfaiteurs, entre autres.



L'audience est suspendue jusqu'à  demain 9 heures avec l'audition des témoins​

17 heures 30 : Me Ousseynou Fall : D’après votre conception du Djihad, est-ce qu’on peut dire que le Procureur et le Juge sont des Djihadistes ?
L'accusé : Justice a celui qu’on doit le donner
Me Cabilel Diouf : Est-ce que vous croyez que vous avez le droit d'être président ?
Dans le contexte islamique, le Président Abdoulaye Wade m’a une fois dit qu’est-ce que l’enseignement du daara peut apporter au développement du Sénégal.

 17 heures 00: Suite de l'interrogatoire d'imam Ndao
Le juge : Est-ce qu’il vous arrive de critiquer les autres Tarikha..
L’accusé : Je n’ai jamais critiqué aucun Tariha.
Le juge : Il résulte du dossier que vous critiquiez les Tidianes et les Mourides sur les visites des tombes  lors de vos prêches?
L’accusé : Non.
Le juge : Le blanchiment de capitaux, est-ce que vous confirmez ici devant la chambre qu’Ibrahima Diallo était venu chez vous pour chercher du travail rémunéré. Vous le confirmez ?
L’accusé : Quand il est venu chez moi, je lui avais dit que certains de mes collègues me demandaient de leur apporter des maîtres coraniques.
La défense avec Me Ousseynou Fall : Est-ce que vous connaissez Mor Mbaye Dème ?
L’accusé : Je ne le connais pas mais lui il peut me connaître.

16 heures 10 : le procureur prend la parole
Le procureur : Lors de votre enquête en 2016, le juge-instructeur vous a dit pourquoi vous n’avez pas voulu parler ou bien vous êtes obligés de le dire aujourd’hui parce que vous avez en face de vous Ibrahima Diallo. Vous le confirmez ?
L’accusé : Oui. Le juge m’a posé cette question.
Le procureur : D1/317 quand les enquêteurs vous ont posé la question de savoir êtes-vous prêts à combattre la forme de laïcité du Sénégal ? Vous aviez répondu que c’est cette forme laïque que nous combattons.
Le procureur : Ou est-ce que vous alliez trouver les fonds pour la réalisation de votre projet ?

L’accusé : Je l’avais donné au Gouverneur de la région.
Le procureur : Vous étiez inscrit en Télégramme dans un site Djihadiste.  Vous le confirmez ?
L’accusé : Non. Jamais.
Le procureur : Pourtant les scellés ont montré que vous vous êtes inscrits dans ce genre de  site.
L’accusé : Non.

15 heures 30 : Imam Ndao est appelé à la barre
Me Hilal avocate de Omar Keita: Jeudi passé nous avons assisté à la projection des vidéos, nous savons que les membres de Deash tuaient les militaires de l’armée irakienne en scandant le nom d’Allah. Pensez-vous qu’ils exécutaient le mouvement d’Allah ?
L’accusé : C’est l’armée Irakienne. Et ces tueries ne sont pas conformes à la volonté divine. La religion n’a pas recommandé de faire du mal à son prochain.   
Me Hilal avocate de Omar Keita: Dans l’ordonnance de renvoi rectifié, vous avez visionné des vidéos et vous aviez dit que c’est pour extraire les bons points. Vous l’avez dit ?
Non. Je n’ai pas dit cela.

15 heures 17: Reprise de l'audience​

L'audience est suspendue jusqu'à 15 heures​

12 heures 37 : Suite
La défense : Est-ce que vous savez que vous n’êtes pas le premier chef religieux qui soit jugé pour djihad ou terrorisme ?
L’accusé : Il y a Cheikh Ahmadou Bamba. Il a été amené à Saint-Louis par les blancs parce qu’ils croyaient qu’il faisait du Djihad.
La défense : Pour apologie du terrorisme, Tarik De Bardeau a dit dans un débat que dans le Coran, il y a des versets inflammables que certains peuvent utiliser pour détourner certains jeunes ?
L’accusé : Je ne pense pas que dans le Coran il y a des versets inflammables.
La défense : Est-ce que vous pensez que ce que Boko-Haram fait est normal ?
L’accusé : Il faut savoir pourquoi Boko-Haram réagit ainsi. Les Etats doivent discuter avec les groupes Islamistes pour les faire revenir à la raison.  
La défense : On vous accuse d’avoir financé le terrorisme ?
L’accusé : Non.
La défense : Pourquoi cette confusion que l’argent avec lequel certaines mosquées ont été construites proviennent des fonds venant du terrorisme. Pourquoi selon vous ?
L’accusé : Certains Etats utilisent le mot terrorisme comme un prétexte pour abattre l’islam. Le mot terroriste est un prétexte pour abattre la religion musulmane.  

12 heures 15 : La défense poursuit
Me Mounirou Ballal : Est-ce que vous croyez que le Sénégal est un Etat laïque et est-ce que vous croyez à la séparation des pouvoirs. 

L'accusé: En Islam on ne peut pas avoir du pouvoir temporel et spirituel. Et, la laïcité est la séparation des pouvoir temporel et spirituel. Je ne crois pas qu'un Etat Laïque peut permettre à l’Islam de s’épanouir.
Me Mounirou Ballal : Selon vous qu’est ce qui favorise l’augmentation du taux de criminalité ?
L'accusé: L’augmentation de la criminalité au Sénégal est favorisée par les habitudes. Parce que beaucoup de jeunes n'ont pas fait les daaras. Et il y a beaucoup des facteurs qui favorisent la criminalité comme le manque de foi, les problèmes  la pauvreté. Et si on a la foi on fait face aux problèmes économiques. 

11 heures 25 : Me Masokhna Kane 
Me Masokhna Kane : Est- ce que vous avez une bibliothèque au dans votre maison ?

L’accusé : J’ai une bibliothèque bourré de livre dans ma chambre.
Me Masokhna Kane : Est-ce à dire que les gendarmes ont trouvé des livres dans une chambre?
L’accusé : Oui.
Me Masokhna Kane : Combien s’élève la somme que les gendarmes ont trouvé dans votre chambre ?
L’accusé : La somme de 23 700 francs Cfa.

Est-ce que mon téléphone coute 15 000 francs Cfa?
Me Masokhna Kane : Est-ce que vous faites partis des attentats et complots pour l’Etat?
Non. J’ai entendu ces mots ici.

Me Masokhna Kane : Vous êtes poursuivi pour violence et voix de faits, est ce que vous en fait partie ?
L’accusé : Non jamais.
Me Masokhna Kane : Est-ce que vous faites partie des séquestrations de personnes et des menaces de terrorisme ?
L’accusé : Non.
Me Masokhna Kane : Est-ce que vous faites partie d’une quelconque association de malfaiteurs ?
L’accusé : Non.
Me Masokhna Kane : Vous avez une fois fait dans le  financement du terrorisme avec des blanchiments de capitaux ou d’argent sale ?
L’accusé : Non.
Me Masokhna Kane : Voici l’enveloppe qui contenait l’argent que Ibrahima Diallo vous aviez remis.
Oui. Il m’a remis de l’argent et je l’ai gardé pendant 4 jours avant mon arrestation.  
Me Masokhna Kane : Est-ce que vous avez financé le  terrorisme ?

Non. Je n’ai même pas ce temps tout mon argent est destiné au daara.

10 heures 49 : Suite de l’interrogatoire d’Imam Ndao avec Me Bass de la défense.
La défense : Matar Diokhané a soutenu ici devant la barre qu’Imam Alioune Ndao n’a jamais assisté à nos réunions ? Vous le confirmez ?
L’accusé : Oui. Je le confirme.
La défense : Matar Diokhané a soutenu que vous n’avez jamais été informé de son départ ?
L’accusé : Oui. Je le confirme.
La défense : Ibrahima Diallo a dit lui aussi, devant cette chambre, "que je ne suis ni disciple ni talibé de Imam Ndao". Vous le confirmez ?
L’accusé : Oui. Je le confirme.
La défense : Saliou Ndiaye a dit ici devant la barre que quand il vous a dit qu’il voulait partir en Afghanistan, vous l'avez interdit de partir et de s’occuper de sa famille à la place. Vous le confirmez ?  
L’accusé : Oui je le confirme. Et c'est même dans ce tribunal que j'ai entendu qu’il voulait se rendre encore en Syrie et j’ai dit que s’il devait partir il allait m’en informer.
La défense : Quand Coumba Niang vous a dit qu’elle voulait se rendre au Nigéria, vous lui avez  interdit de rejoindre son mari. Vous le confirmez ?
L’accusé : Oui. Je confirme.
La défense : Est-ce qu'on vous a montré un CD où vous disiez "voilà c’est ce qu’il faut faire" ?
L’accusé : Non. J’ai toujours découragé les jeunes. Je me servais des CD pour décourager les jeunes qui veulent rejoindre les rangs.
La défense : Où est-ce que vous avez tiré les vidéos ?
L’accusé : Sur Google
Est-ce que vous avez eu connaissance d’une loi interdisant de faire des recherches sur Google ?
L’accusé : Non. Ce n’est pas interdit.
La défense : Quand les gendarmes vous ont posé la question de savoir, est-ce que vous prônez la violence, vous aviez répondu :"j’avais toujours prôné la non-violence et les débats". Vous le confirmez ?
L’accusé : Je le confirme.
Les gendarmes vous ont posé la question de savoir quelles sont selon vous les voies pour atteindre votre objectif ? Vous aviez répondu le dialogue et les débats. Vous le confirmez ?
L’accusé : Je le confirme.
La défense : Lorsque les gendarmes vous ont demandé votre appréciation des évènements du 11 septembre aux Etats-Unis. Vous aviez répondu que "je les condamne vivement parce qu’il y a des morts.?
​L'accusé : Et j’avais ajouté que je ne pouvais pas comprendre que c’était l’œuvre d’un musulman.
Me Bass : Lors de votre arrestation vous aviez dit que c’est mon Etat qui m’a sacrifié quand n’est-t-il de ces propos ?
L’accusé : Mon Etat m’a sacrifié parce que j’avais déposé depuis longtemps une autorisation de port d’arme. Et l’arme a été retrouvée depuis 2015.

10 heures 28 : Suite de l'interrogatoire avec la défense
La défense : Vous avez ouvert votre daara en quelle année ?
J’ai ouvert mon daara à l’âge de 29 ans en 1989.
La défense : Vos relations avec ces familles religieuses de Kaolack et du Sénégal ?
Nous entretenons de bonnes relations. Surtout avec la famille de Serigne Bassirou Mbacké à Ndorongue. Un jour ils sont venus pour me dire qu’ils me confient leurs terres.
La défense : Vous avez donné à l’Etat des terrains pour la construction d’une école franco-arabe ?
L’accusé : Je leur ai donné le parc qui se trouvait auprès de mon daara. Mais avant la construction de l’école j’ai mis 6 classes à la disposition de l’Etat.
La défense : Est-ce que vous saviez que l’école portait le nom de votre père ?
L’accusé : Je ne savais même pas que le nom de l’école portait le nom d’El Hadj Ousmane Ndao.
La défense : La gendarmerie a fait comprendre que le groupe s’est organisé à Kaolack sous l’autorité d’Imam Ndao. La question est de savoir est-ce qu’il a eu une organisation de Djihadistes et id'slamistes au niveau de Kaolack ? Vous le confirmez ?
L’accusé : Non. J’ai des champs où on y cultive de l’oignon et des patates.
La défense : La gendarmerie a souligné que Matar Diokhané a dit que le chauffeur d’Imam Ndao était en Syrie.
L’accusé : Je n’ai jamais connu un certains Moustapha Faye. Et, je n’ai jamais eu de chauffeur du nom de Moustapha Faye.
La défense : La gendarmerie a soutenu que le cerveau à savoir Matar Diokhané a reconnu l’installation de l’Etat Islamique au Sénégal parce qu’il a lui-même corrigé le manuscrite sur l’installation de l’Etat Islamique au Sénégal. Est-ce que vous le confirmez ?
La défense : Les enquêtes des gendarmes est ce que vos champs servent de camp d’entrainement et d’endoctrinement des jeunes djihadistes ?
L’accusé : Non. Ce n’est pas vrai et en aucun moment je n'ai su qu'un de mes talibés a rejoint une quelconque organisation islamique.
La défense : Les gendarmes disaient que vos champs servaient de gîte ?
L’accusé : Non.
La défense : Est-ce que lors de la perquisition ils ont trouvé des présumés Djihadistes chez vous ?
L’accusé : Non. Je dois dire qu’ils n’ont rien trouvé chez moi ressemblant à des Djihadistes.
La défense : Est-ce qu’ils ont trouvé des armes et des machines d’entraiment ?
L’accusé : Non : Ils n’ont rien trouvé. Seulement un pistolet gâté dans ma chambre.

10 heures 05: la parole est à la défense avec Me Diouf avocat de l'accusé Imam Ndao
La défense : Expliquez-nous comment Ibrahima Diallo vous a prêté de l’argent ?
L’accusé : Un jour il est venu chez moi plus précisément dans mon daara. Il m’a demandé quelles genres de difficultés nous avons dans le daara. Il m’avait aidé avec des machines et des bassines d’eau. C’est dans ce sens qu’Ibrahima Diallo m’a prêté 1 million de francs Cfa. Par la suite j’ai pris mon carnet pour y inscrire la dette, en guise de reconnaissance de dette.
La défense : Certaines presses disent que vous avez deux portables et vous utilisez les deux portables pour communiquer via Satellite ?
L’accusé : Je n’ai jamais communiqué via Satellite. Je n’ai que deux portables et l’autre m’a été offert par un de mes talibé qui était venu en vacances.
La défense : Revenez Imam sur les vidéos que la chambre a projetées dernièrement ?
L’accusé : Depuis que j’ai 19 ans et maintenant j’ai 60 ans, j’ai gardé les vidéos dans la machine pour ma propre connaissance. Les vidéos concernaient l’Etat Islamique et l’armée Irakienne. Les entraînements font partie de l’évolution pour tous les plans. J’ai vu en eux la détermination. C’est pourquoi je disais que le problème du terrorisme ne peut pas se régler par la force. J’ai des vidéos plus horribles que celles que le Tribunal a projetées. Il y a des vidéos où on tue des personnes et après ont les mange. Et elles concernant beaucoup de pays comme la Birmanie, Centrafrique et l’Irak etc. C’est pour vous montrer que je fais des recherches partout. Et pour ma propre connaissance et ma culture, j’ai gardé ces vidéos dans ma machine.

16eme jour du procès Alioune Badara Ndao et ses Co-accusés.
L’accusé Imam Alioune Badara Ndao, né le 06 mai 1960 à Ndagane de Kaolack fils d’El Hadji Ousmane et de Fatou Ndiaye. Maître coranique et agriculteur de son état, domicilié à Ngane extension/Kaolack, père de 17 enfants. 
9 heures 40 : le président de la chambre criminelle du palais de justice de Dakar tarde à rejoindre la salle d’audience. Les accusés sont déjà dans le box.
9 heures 49 : l’entrée du juge Samba Kane et ses assesseures.

9 heures 50 : Reprise de l’audience.  
Le juge appel à la barre les témoins dont Massamba Diop et Alioune Diop âgé  de 17 ans élève en 4eme au Lycée Modou Diop et ordonne au huissier de les amener dans la salle pour qu’ils ne puissent pas communiquer avec les accusés, ni entendre les débats d’audience. Ils vont y rester pour la journée d’aujourd’hui jusqu’à la fin de l’audience.
Imam Alioune Badara Ndao appelé à la barre.

Aida Ndiaye (Stagiaire)

Lundi 7 Mai 2018 12:08


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