​Vol d'identités et failles rapides : le nouveau visage de la cybermenace en Afrique selon EY



Le paysage de la cybersécurité sur le continent africain a connu un « point d'inflexion structurel » en 2025.

Selon le rapport « Africa Cybersecurity Threat Outlook 2026 » d'EY, les attaques informatiques ne sont plus considérées comme de simples incidents techniques sporadiques, mais comme des « menaces systémiques compromettant la continuité des entreprises et des gouvernements ».

Le rapport souligne que « l'identité, les données et la confiance numérique ont supplanté l'infrastructure matérielle comme principales surfaces d'attaque », marquant le passage d'une réalité théorique à une « dure réalité opérationnelle ».

L'étude met en lumière l'exposition particulièrement critique des secteurs clés de l'économie, notamment les télécommunications, l'énergie, la finance et les services publics. Alors que les organisations se précipitent pour adopter des technologies cloud, des canaux numériques et l'intelligence artificielle, « nombre d'entre elles découvrent que leur posture de sécurité n'a pas évolué au même rythme ».

D’après un analyste de la cybersécurité pour l'Afrique chez EY, « trop d'environnements restent conçus pour protéger le périmètre d'hier, tandis que le paysage des menaces d'aujourd'hui exploite l'identité, la connectivité et la complexité à grande échelle ».

Parmi les vecteurs de menaces les plus marquants, le rapport note que « les compromissions basées sur l'identité surpassent les logiciels malveillants traditionnels comme principal chemin d'accès », facilitées par le vol d'identifiants et l'abus de jetons.

De plus, les attaques par rançongiciels qui représentent 25,9 % des incidents signalés en 2025 selon les données globales synthétisées par EY et les perturbations opérationnelles se traduisent directement par « des temps d'arrêt, des pertes de revenus et des impacts systémiques sur les services ». EY avertit également que « la cybercriminalité et la géopolitique convergent de plus en plus », les opérations étatiques et les écosystèmes criminels partageant des infrastructures et des techniques similaires.

Face à une pénurie persistante de compétences, à une réduction de la fenêtre de correctifs face aux failles (telle qu'une médiane observée de seulement 6 jours entre la divulgation d'une vulnérabilité et son exploitation) et à un durcissement des exigences réglementaires, les auteurs rappellent que les RSSI et les dirigeants doivent « résister à la tentation des solutions réactives à court terme ».

 Le rapport insiste sur la nécessité de réévaluer l'architecture cyber et les priorités d'investissement : « Pour se défendre, résister et récupérer dans un environnement durablement hostile, les organisations doivent replacer la résilience opérationnelle au cœur de leur stratégie ».

Fodé Bakary Camara

Lundi 21 Septembre 2026 11:24


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