​le Nigeria fatigué des violences policières



« Depuis deux semaines, le pays est secoué par des manifestations de jeunes protestant contre la brutalité policière, relève Le Point Afrique. La méthode du président Buhari semble à bout de souffle. Le gouvernement a beau proposer de supprimer la SARS, l'unité de police très controversée, pour trouver une issue à la crise, il y a peu de chances que cela suffise. Les manifestants restent mobilisés à Lagos, Abuja, Ughelli, Ogbomosho et dans les 21 États du pays. Fait inédit, remarque encore Le Point Afrique, nombreux sont ceux qui osent désormais réclamer la démission du chef de l'État. Beaucoup d'observateurs se demandent jusqu'où peut aller ce mouvement de contestation essentiellement porté par la jeunesse du sud du pays et les femmes. »
 
D’autant que les récriminations et les revendications se multiplient, comme le constate L’Observateur Paalga au Burkina : « de la rage contre les flics brutaux et ripoux, les manifestants en sont arrivés aujourd’hui à pester contre le prix du carburant dans ce pays pourtant premier producteur africain d’or noir et contre celui du sac de 50 Kg de riz qui se négocie à 35 nairas soit un peu plus de 50.000 FCA, le tout sur fond de revendication de paix. Mais aujourd’hui, poursuit le quotidien ouagalais, ce ne sont plus les têtes des poulets, à l’origine de la fronde, que les croquants demandent mais la démission pure et simple du chef de l’Etat, jugé responsable des dérives dans le pays. Il faut dire, souligne encore L’Observateur Paalga, que le locataire d’Aso Rock ne semble pas avoir pris toute la mesure de la situation, lui qui devait dès le début s’adresser à ses compatriotes mais a préféré se murer dans un mutisme assourdissant. »
 
La Guinée sur la corde raide
 
À la Une également, les tensions post-électorales en Guinée… L’opposant Cellou Dalein Diallo a revendiqué dès lundi la victoire à l’élection présidentielle de dimanche et depuis le ton monte du côté du pouvoir… « La déclaration de Cellou Dalein Diallo a échaudé le camp présidentiel qui en est groggy, relève le site guinéen Aminata, notamment le gouvernement qui se réserve le droit de porter plainte mais cette déclaration a aussi pris de court la CENI qui menace de sanctionner l’opposant. »
 
Depuis plus de 24 h, la résidence de Cellou Dalein Diallo est encerclée par les forces de l’ordre. Ses partisans étaient descendus dans les rues à Conakry, dès lundi soir après sa déclaration annonçant être sorti vainqueur de l’élection présidentielle dès le premier tour. Et des violences se sont produites. Notamment un jeune garçon de 14 ans a été tué par balles, apparemment par les forces de l’ordre.
 
Le site d’information Ledjely a recueilli le témoignage du père : « mes enfants ont profité de mon sommeil pour sortir observer la joie des partisans de Cellou Dalein Diallo. J’étais donc à la maison quand des enfants sont venus pour me dire que mon fils avait reçu une balle et que des gens l’avaient envoyé à la clinique (où il a succombé). (…) Dieu jugera ceux qui ont été à la base de son assassinat. »
 
« Un sentiment d’impuissance, commente Ledjely, que ressentent de nombreuses familles guinéennes dont les proches ont été assassinés par les forces de défense et de sécurité sans que les coupables et les commanditaires ne soient identifiés. Selon l’UFDG, principal parti d’opposition, deux autres cas d’assassinat ont été enregistrés lundi à Hamdallaye et à la Carrière. Ce qui porte le bilan à trois morts. De nombreux cas de blessés dont certains par balles sont également rapportés. »
 
Que peut faire la communauté internationale ?
 
Alors attention, prévient Le Pays au Burkina, « les trois morts qu’annonce l’UFDG à la suite des heurts qui ont accompagné la revendication de la victoire de son président, sont les signes avant-coureurs de l’éruption meurtrière que promet le volcan guinéen. Le pire peut cependant être évité, estime le quotidien ouagalais, si la communauté internationale se donne les moyens de mettre la pression sur le pouvoir en place afin que les résultats des élections soient conformes à la vérité des urnes. Mais on peut douter de la sincérité de certains acteurs de cette communauté internationale qui ressemblent à des pêcheurs eaux troubles. Et au nombre de ces derniers, il faut compter en premier la CEDEAO, s’exclame Le Pays. On peut, en effet, mettre à l’index le jeu trouble de l’organisation communautaire dans cette crise guinéenne. Car, c’est elle qui, en effet, avait donné son quitus au processus électoral, rappelle le journal, malgré les cris d’orfraie de l’opposition et les réserves de l’OIF, l’organisation internationale de la francophonie. »


Mercredi 21 Octobre 2020 09:27


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