6 Février: Journée internationale contre les mutilations génitales féminines "Tolérance Zéro"

Sur initiative du comité inter africain, (CI-AF) l’ONU a proclamé le 6 février journée de la «Tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines (MGF) ». Aujourd’hui, dans le monde entier, on mène des campagnes d’information et de sensibilisation sur les risques pour la santé que présente cette coutume et les séquelles qui en découlent.
Dr. Pierrette Herzberger-Fofana



6 Février: Journée internationale contre les mutilations génitales féminines "Tolérance Zéro"

FORWARD-Germany e.V. salue la dernière initiative commune des chefs d’état africains en faveur de l’abolition des MGF. En effet, lors de son dernier sommet, tenu à Malabo (Guinée équatoriale), en juillet 2001, l’Union africaine s’est engagée à faire accélérer le processus d’abandon des mutilations génitales féminines et l’éradication de cette pratique. Elle avait même prévu de soumettre, à l’Assemblée générale des Nations-Unies qui devait avoir lieu en septembre 2011, un projet de résolution visant l’interdiction universelle des Mutilations Génitales Féminines (MGF). Jusqu’à présent, 20 des 28 pays concernés en Afrique ont promulgué des lois à cet effet. Les derniers en date sont: l’Ouganda, en 2010; la Guinée-Bissau, en juin 2011 et le Kenya, en septembre de l’année dernière.

Les collectivités locales de la plupart des pays qui, comme la Gambie ou le Mali, n’ont pas encore voté de loi ou qui, comme l’Ethiopie, la Somalie ou la Guinée, n’appliquent pas la loi avec fermeté, se sont engagées à renoncer à cette coutume qui va de pair avec les mariages précoces ou forcés. Elles l’ont fait en présence de leurs imams pour se rassurer qu’elles ne violent pas les principes islamiques, puisqu’elles sont généralement convaincues d’agir en accord avec les préceptes de leur religion. Cette fausse interprétation des sourates coraniques relève souvent de l’absence d’une connaissance approfondie de la religion. L’islam n’exige pas que les fillettes et les femmes subissent des mutilations génitales féminines. Dans certains pays, comme le Burkina-Faso, la pratique de l’excision et des MGF est commune à toutes les composantes de la population qu’elle soit d’obédience chrétienne, musulmane ou animiste. Il est certain qu’une loi n’aura pas pour effet un changement radical des mentalités, mais elle facilitera le travail des activistes et animateurs sur le terrain. La loi permettra également de mettre un frein aux pratiques transfrontalières de l’excision qui se développent dans les zones où cette tendance persiste.

Bien que, dans de nombreux pays, les MGF aient toujours été considérées comme une norme sociale positive, les travaux scientifiques ont prouvé qu’elles sont source de risques graves pour la santé. Elles provoquent des complications graves pendant l’accouchement qui peuvent même engendrer des troubles d’ordre physique et psychique voire causer des fistules ou de la stérilité. Les MGF portent atteinte à la dignité de la femme et de la fillette en détruisant la partie la plus intime de son corps, c’est-à-dire ses organes génitaux. C’est donc une violation des droits de la personne à savoir la non-garantie de son intégrité physique.

Les Mutilations génitales féminines concernent également l’Europe où de nombreux immigrés demeurent attachés à leurs traditions et s’adonnent à cette pratique. En Allemagne le réseau des MGF « Integra » exige qu’un plan d’action nationale soit mis en place et que des mesures idoines soient prises, conformément aux résolutions votées par le parlement ou Bundestag afin de garantir l’intégrité des fillettes menacées par cette coutume en Allemagne ou lors de voyage dans leur pays d’origine. La plupart des pays de la communauté européenne ont promulgué des lois qui vont dans cette optique, protéger les fillettes africaines de la Diaspora en Europe et durant leur séjour au pays.

FORWARD-Germany soutient toutes les activistes qui s’engagent pour l’abolition des MGF tout en respectant la diversité des cultures, afin qu’ensemble nous puissions atteindre, en 2015, la tolérance zéro dans tous les pays concernés.

Dr. Pierrette Herzberger-Fofana
2ème Présidente de FORWARD-Germany e.V.
www.forward-germany.de
drpherzbergerfofana@hotmail.com


Sources
Aly Diouf. “Tambacounda : 69 villages déclarent avoir renoncé à l’excision » http://www.aps.sn/spip.php?article88115. 19.12.2011
Pierrette Herberger-Fofana. “Le Kenya vote une loi contre les Mutilations Génitales Féminines (M.G.F)” http://www.pressafrik.com/Le-Kenya-vote-une-loi-contre-les-Mutilations-Genitales-Feminines-M-G-F_a68009.html; http://www.thiesvision.com/Le-Kenya-Vote-Une-Loi-contre-Les-Mutilations-Genitales-Feminines-M-G-F-Par-Dr-Pierrette-Herzberger-Fofana_a1313.html 25.9.2011
Pierrette Herzberger-Fofana. “L'excision et la mendicité enfantine, un délit?» www.pressafrik.com, wwwthiesvision.com, www.walf.sn15.6. 2011
Pierrette Herzberger-Fofana. «Vers la Tolérance Zéro: Les Mutilations sexuelles Féminines en Europe: La Suisse » http://www.pressafrik.com/Vers-la-Tolerance-Zero-Les-Mutilations-sexuelles-Feminines-en-Europe-La-Suisse_a59500.html


Jeudi 9 Février 2012 - 11:37



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