Absence de rupture et de visibilité, comportement d’ostracisme : Le secteur aéroportuaire Sénégalais risque gros

La situation du ciel Sénégalais est l’attraction de l’actualité suite à la Une du journal la Tribune de ce lundi 02 mars 2015 qui annonce la diminution drastique des vols de South African Airways et de l’arrêt de la desserte Dakar par Emirates. Au même moment le conseiller du Chef de l’Etat, Monsieur Jean-Paul DIAS publie aussi une excellente contribution sur l’affaire South African Airways pour demander aux plus hautes autorités de prendre la question en main. C’est parce qu’il s’agit fondamentalement d’une question politique et économique dont l’attitude de rupture n’est pas adoptée par le pouvoir actuel en plus des contradictions internes et des comportements d’ostracisme envers le gestionnaire d’aéroports, tout cela crée un environnement aéroportuaire moins attractif avec un manque total de visibilité.



Selon le journal la Tribune, une demi-douzaine de ministres  et autres autorités sont parties à Dubaï pour trouver une solution avec Emirates. Notre confrère parle de Mohamadou Makhtar  Cissé, Directeur de cabinet du président de la République, des ministres, Amadou Bâ (Finances), Abdoulaye Diouf Sarr (Tourisme et Transports Aériens), Abdoul Aziz Tall (PSE), Mankeur Ndiaye, (Affaires Étrangères) et Magueye Marame Ndao, le Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) et le gestionnaire des aéroports dans tout cela ? Nous parlons de l’Agence des aéroports du Sénégal (ADS), dirigée par Papa Maël Diop. Le bonhomme était accusé à son arrivée à la tête de l’agence qu’il n’est pas du milieu, mais aujourd’hui, ils sont nombreux à accepter qu’il a abattu de gros efforts pour remettre l’aéroport de Dakar dans les normes de sureté et de sécurité requises.

Trop plein de taxes et redevances, absence de rupture

Pour rester avec le gestionnaire, il faut souligner qu’il ne perçoit que 21% de l’ensemble des taxes et redevances pour l’exploitation  et ses investissements. En ne prenant pas leur courage à deux mains pour faire table rase ou du moins revenir pour l’essentiel sur les actes posés par l’ancien régime, notamment sous la direction de Karim Wade, les autorités actuelles vont voir le ciel de Dakar s’assombrir davantage. Sur les taxes et redevances avancées souvent pour parler de la cherté de la Destination Sénégal, 51% représentent la RDIA (taxe pour la construction de l’aéroport de Diass), une taxe collectée depuis 2005. Le problème est que la RDIA sera maintenue jusqu’ au remboursement complet du projet de Diass. Le problème de fond ici selon des experts, c’est la structuration du financement de l’aéroport de Diass.

Sur toujours les taxes, celles imposées par l’Etat avec toujours l’ancien régime, pèsent trop lourdes. On peut citer  la taxe de sécurité (Sécuriport), d’ailleurs c’est un des dossiers dans la traque des biens mal acquis avec des interrogations de Karim Wade et de Me Ousmane Ngom. Taxe bizarrement collectée à l’arrivée et au départ. Il y a aussi la taxe sureté.
 
Le handling…

Notre confrère de la Tribune parlant d’Emirates a parlé des problèmes de « line maintenance ». Oui le handling coûte excessivement cher pour les compagnies. En effet avec la disparition d’Air Afrique, ce service a été confié à deux services (AHS/SHS) avec un cahier de charges établi par l’Etat qui impose des minimas de perception de 1800 dollars pour un vol commercial normal, 1500 dollars en cas de transit. Cela avec des conditions de prestations administrées par l’ANACIM en dehors de l’emprise du gestionnaire c’est-à-dire l’ADS, contrairement à ce qui se fait dans les autres aéroports du monde. En effet les tarifs de ce service devraient être discutés librement entre les compagnies et les services d’assistance au sol, ce qui permet une flexibilité des prix.
 
Aucune visibilité et de perspectives claires pour les compagnies…
 
Aujourd’hui au sein de l’ADS, l’organe central économique du secteur, on ne peut pas vous donner des informations précises sur l’aéroport de Diass et le devenir de l’aéroport de Dakar. Les syndicalistes de la maison ont même lors de leur dernière assemblée générale accusaient le ministre du Tourisme et des Transports Aériens de ne rien faire pour les assurer. Comme au temps de Wade, on pense que l’ADS va encore être dissoute, ce qui est pour les syndicalistes, synonyme de perte d’emplois.

Des personnes ressources contactées au sein de l’aéroport souhaitent comme c’était le cas en 2005 avec feu Ousmane Masseck Ndiaye, la tenue des assises du secteur pour remettre les choses à l’ordre et donner à la Destination Sénégal son lustre d’antan. La balle est dans le camp des autorités car ce pays regorge de compétences en activité comme à la retraite pour faire bouger les choses dans le bon sens. Et c’est maintenant urgent !

Matar Séne

Lundi 2 Mars 2015 - 21:06



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