Affaire Hissein Habré : Après le verdict, la RADDHO exige indemnisation et réparation pour les victimes



Affaire Hissein Habré : Après le verdict, la RADDHO exige indemnisation et réparation pour les victimes
Présent à la salle 4 du Palais de justice de Dakar où le verdict a été rendu par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) dans le cadre du procès de l’ancien président Tchadien, Hissein Habré, le secrétaire général de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) n’a pas manqué de réagir. Saluant un «procès historique» et félicitant « le Sénégal, ce pays de démocratie », Aboubacry Mbodj actionne l’Union Africaine pour les indemnisations et réparations des victimes.
 
«Ce procès est historique,…C’est la première fois dans l’histoire du continent africain qu’un Chef d’Etat est jugé dans un Etat africain. La RADDHO qui a beaucoup travaillé sur ce procès en amont en soutenant les victimes pour l’accès à la justice, c’est pour nous, un grand soulagement », déclare le secrétaire général.
 
Pour Aboubacry Mbodj, «c’est un avertissement solennel à tous les Chefs d’Etat Africains en exercice pour qu’ils sachent que ce procès a été historique, les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) qui sont limitées dans le temps mais qui constituent un grand pas pour les Africains parce que tous ceux qui sont au commande en Afrique, doivent savoir qu’ils vont rendre compte. Ils doivent rendre compte par rapport à leur gestion quand ils étaient au pouvoir ».
 
Et de poursuivre: «C’est également une satisfaction pour les victimes qui doivent également avoir accès à la justice pour la réhabilitation, à l’indemnisation. Toutes les victimes qui ont subi des crimes de torture, des crimes sexuels aujourd’hui doivent être réparées parce que c’est la justice».
 
«L’Afrique est en train de faire un grand pas avec les CAE mais ce que nous souhaitons, c’est que la justice pénale Africaine soit pérenne, qu’elle ne se limite pas uniquement dans le temps avec les CAE mais il est temps que le protocole de Malabo qui a été révisé en 2014 puisse prendre en compte également la lutte contre l’impunité sur l’ensemble des continents », tonne le défenseur des droits de l’homme. Ce, avant d’inviter «les Chefs d’Etat Africains à tirer les leçons de ce procès ».

Selon lui, «ils doivent se projeter dans l’avenir pour que les citoyens Africains puissent avoir confiance en leur justice, que les Chefs d’Etat Africains soient jugés en Afrique au lieu d’être transférés devant la Cour Pénale Internationale (CPI)».  «Ajourd’hui, le Sénégal doit être félicité. Le Sénégal est un pays de démocratie », scande par ailleurs Aboubacry Mbodj qui invite l’Union Africaine «à mettre tous les moyens nécessaires pour que les victimes aient accès à la justice parce qu’il y a le droit à la réparation, le droit à la réhabilitation et ces victimes ont besoin aujourd’hui d’être réhabilitées après que la justice a rendu son verdict mais il faut qu’il y ait réhabilitation et c’est à l’Union Africaine qui a déjà réussi ce procès avec l’accord qu’elle a signé avec le Sénégal, de pouvoir déterminer les conditions d’indemnisations et de réparations». 


Lundi 30 Mai 2016 - 16:35



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