Afrique du Sud : 20 ans de démocratie

Il y a 20 ans, jour pour jour, les Sud-africains votaient pour les premières élections libres et multiraciales du pays. Nelson Mandela allait être élu. Et ce dimanche a dix jours des nouvelles élections générales, des commémorations sont organisées dans tout le pays et notamment a Pretoria, la capitale.



Nelson Mandela, premier président démocratiquement élu d'Afrique du Sud
Nelson Mandela, premier président démocratiquement élu d'Afrique du Sud

Il y a 20 ans, le 27 avril 1994, le pays était au bord de la guerre civile. En un an, on avait compte 3800 morts. L’extrême droite espérait encore empêcher le scrutin dans un bain de sang. Elle a échoué. A Thokoza, un township a 40 km de Johannesburg, au début des années 1990, des affrontements très violents ont eu lieu, faisant des centaines de morts. BBC Afrique a rencontré un ancien combattant de l’ANC, qui tentait de défendre les siens. Il se souvient du 27 avril 1994.

Le monument aux morts de Thokoza est devenu sa chapelle. C ‘est là ou Mchacho (c’est son nom) vient prier. Cet ancien combattant qui faisait partie de la branche armée de l’ANC a saisi pour la première fois une mitraillette AK47 quand il avait 15 ans, au début des années 1990. Aujourd’hui il fixe la stèle en marbre, le regard triste, les blessures sont restées ouvertes.
Mais il se souvient que le 27 avril 1994, il y a 20 ans, le miracle tant attendu était enfin arrivé

Quand il s’est réveillé ce matin-là, il a compris que Dieu savait que c’était une journée spéciale. Il faisait beau. Et tout allait bien et tout le monde en Afrique du Sud était heureux. Pendant des années, le seul moment où l’on voyait des gens rassemblés, c’était pour des enterrements. Mais ce 27 avril, quand il a vu une vieille femme âgée de 80 ou 90 ans qui avait amené sa chaise pour faire la queue et voter, il s’est senti soulagé, et ils étaient tous confiants que Nelson Mandela allait être élu et qu’ils arrivaient enfin sur la terre promise de la liberté.

Pourtant, l’ANC au pouvoir a abandonné Mchacho qui ne touche aucune allocation en qualité d’ancien combattant. Même le monument aux morts un peu poussiéreux n’est pas entretenu par les autorités, Mchacho et les ex soldats de Thokoza se relaient pour tondre la pelouse, faire pousser quelques rosiers et éviter que de jeunes squatteurs ne viennent détruire l’endroit. Peu importe, lance-t-il, l’ANC règnera jusqu’ à ce que Jésus revienne.

Source : BBC Afrique



Dimanche 27 Avril 2014 - 11:07



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