Algérie: un Français enlevé près de Tizi Ouzou

Un groupe lié aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) a revendiqué ce lundi dans une vidéo, authentifiée par le ministère des Affaires étrangères, le rapt d'un Français en Algérie et menacé de l'exécuter dans les 24 heures si la France n'arrêtait pas ses frappes contre l'EI en Irak.



Les ravisseurs du Français, le groupe jihadiste algérien Jund al-Khalifa, « Les soldats du Califat », menacent de l'exécuter en cas de nouveaux raids en Irak. Le Quai d'Orsay confirme, lundi soir, l'authenticité de la vidéo. Cette vidéo, d'un peu moins de quatre minutes, commence par le message d'Abou Bakr al-Baghdadi appelant à la mort des ressortissants des pays participants à la coalition formée pour combattre l'organisation Etat islamique.

Au bout de deux minutes, apparaît l'image du Français, assis par terre, encadré de deux hommes armés aux visages masqués par un chèche noir. Après un message en arabe, l'otage, lunettes sur le nez, lit un message adressé à François Hollande. Il y décline son identité : Hervé Gourdel, né à Nice le 12 septembre 1959, guide de haute montagne. Il précise être arrivé en Algérie le 20 septembre. Il affirme être aux mains d'un groupe armé dirigé par un certain Jund al-Khalifa qui demande que le président français n'intervienne pas en Irak.

« Ne rien céder »

Une heure avant la publication de cette vidéo, le ministère des Affaires étrangères avait confirmé qu'un Français a bien été enlevé en Kabylie dimanche soir. Selon plusieurs médias algériens, il faisait partie d'un groupe de randonneurs algériens, qui ont été relâchés par les ravisseurs. Le kidnapping a eu lieu entre Bouira et Tizi Ouzou dans le massif des Ouacifs. C'est une zone connue pour être un maquis où se trouvent des islamistes.

François Hollande était en vol pour New-York losqu'il a appris l’enlèvement de l’otage français en Algérie et c’est donc de l’avion présidentiel qu’il a appelé le Premier ministre algérien : la coopération est totale entre Paris et Alger pour tenter de retrouver Hervé Gourdel. Une cellule d'opérations spéciales a été mise en place dans la région et le ministre de l'Intérieur algérien a annoncé dans la soirée que les recherches pour retrouver ce Français étaient toujours en cours. « Tout est mis en œuvre en concertation étroite avec les autorités algériennes pour obtenir la libération de notre compatriote. Mais il ne faut pas cacher que la situation est extrêmement critique », a prévenu le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. « L’attitude de la France est constante dans ce domaine: nous essayons de faire le maximum pour libérer les otages, et en l’espèce cet otage. Mais un groupe terroriste ne peut pas infléchir la position de la France », a-t-il par ailleurs averti. « C’est notre sécurité qui est en jeu et il n’est pas question de céder, si peu que ce soit, aux menaces des terroristes. »

En première ligne face avec les Etats-Unis face à l’organisation de l’Etat islamique la France se sait exposée. Elle sait qu’elle peut payer son engagement, mais c’est bien la fermeté qui prévaut : de la même manière que la France officiellement ne paie pas de rançon pour ses otages. Un discours difficile à entendre pour les familles, reconnaissait il y a quelque temps François Hollande qui a appris la gravité depuis qu’il est président. « C’est dur, ce n’est pas facile », expliquait-il jeudi dernier lors de sa conférence de presse.

Qui sont les Soldats du califat ?

Jund al-Khalifa est une dissidence d'Aqmi qui n'a d'existence formelle que depuis quelques jours. Mi-septembre, dans un communiqué, ce groupe islamiste conduit par Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abu Souleimane, prêtait officiellement allégeance à l'organisation de l'Etat islamique. Mais la dissidence formelle du chef d'Aqmi en Kabylie, Gouri Abdelmalek, remonte à la mi-juillet. Un processus qui résulte du conflit ouvert que se livrent al-Qaïda et les jihadistes de l'Etat islamique depuis le mois de mars.

« Aqmi est en perte de vitesse, en particulier en Algérie, et ça peut leur donner un nouveau départ de se revendiquer de l'organisation Etat islamique », estime Romain Caillet, chercheur sur les questions islamistes. Combien sont-ils ? Difficile de le dire. Mais une choses est sûre, le kidnapping d'Hervé Gourdel est la première action d'envergure de ces dissidents sous l'appellation Les soldats du Califat.


Rfi.fr

Mardi 23 Septembre 2014 - 11:15



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