Armes chimiques en Syrie: une représentante de l'ONU à Damas

En Syrie, la Haute Représentante des Nations unies pour le désarmement Angela Kane est arrivée ce samedi 24 août à Damas. Elle va tenter de négocier avec le régime de Bachar el-Assad les modalités pour la mise en place d’une enquête sur les frappes chimiques qui auraient été conduites par l’armée régulière cette semaine dans la banlieue de Damas.



Armes chimiques en Syrie: une représentante de l'ONU à Damas

Un pas forcé. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier la position du président syrien Bachar el-Assad qui a accepté de recevoir la Haute Représentante de l’ONU pour le désarmement, Angela Kane. Depuis quelques jours, la pression exercée par la communauté internationale  est en effet à son maximum.

Certes, la Russie, alliée stratégique du régime de Bachar el-Assad, tente toujours de freiner les ardeurs des pays qui réclament une enquête sur les attaques présumées avec des armes non-conventionnelles. Mais ce samedi matin, le président iranien Hassan Rohani a reconnu que des armes chimiques avaient bien été utilisées (lire ci-dessous), sans pour autant préciser si ces armes avaient été employées par l’armée régulière ou par les rebelles syriens.

Faire plier Assad

Mais le simple fait que l’Iran reconnaisse l’usage de ces armes est une première pour ce traditionnel allié de la Syrie et ces déclarations pourraient changer la position de Bachar el-Assad.

Angela Kane va certainement s'appuyer dessus pour tenter d’obtenir l’autorisation d’envoyer une équipe d'inspecteurs sur place. Elle pourrait également faire pression sur les autorités en rappelant que les États-Unis se sont renforcés militairement dans la région. On a en effet appris ce matin l’envoi d’un navire de guerre supplémentaire, un destroyer, capable, selon les spécialistes, d’atteindre des sites stratégiques avec des missiles de croisières patriotes. Ce samedi pourrait donc être une journée cruciale pour toutes les différentes parties.


Le président iranien reconnaît l'utilisation d'armes chimiques en Syrie

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

C’est la première fois que l’Iran évoque officiellement l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. « La situation qui domine dans le pays et la mort d’un certain nombre d’innocents provoquée par des armes chimiques sont très douloureuses », a déclaré le président Hassan Rohani.

Si le chef de l’État n’a cependant pas précisé qui était responsable de l’utilisation de telles armes, le porte-parole de la diplomatie iranienne a affirmé que « les groupes rebelles syriens liés à al-Qaïda sont certainement responsables de l’utilisation d’armes chimiques contre la population civile ».

L’Iran a lui-même été victime d’armes chimiques lors du conflit qui l’a opposée à l’Irak dans les années 80. L’armée irakienne les avait utilisées contre la population civile, faisant des milliers de morts.

Le président Rohani a demandé à la communauté internationale d’agir pour empêcher l’utilisation de telles armes partout dans le monde. Mais il a dénoncé dans le même temps l’insécurité et les actions terroristes qui visent à déstabiliser toute la région, ce qui, selon lui, profitera à Israël. L’Iran, principal allié régional de la Syrie, dénonce régulièrement un complot visant à renverser le président Assad pour affaiblir le front de la résistance face à l’État hébreu.


RFI

Samedi 24 Août 2013 - 14:12



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