Au Mali, la France efface une dette monétaire de 65 millions d'euros

Les ministres des Finances et les gouverneurs de la zone franc étaient réunis jusqu'au vendredi 10 avril à Bamako. La zone franc regroupe l'ensemble des pays qui, en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, utilisent comme monnaie, le franc CFA, indexé sur l'euro. Cette réunion a permis d'aborder des sujets d'actualité, comme le réchauffement climatique ou la lutte contre le financement du terrorisme. En marge, la France a annoncé l'annulation de la dette monétaire du Mali, d'un montant de près de 65 millions d'euros.



La dette monétaire représente environ un tiers de la dette bilatérale totale du Mali envers la France : 64,8 millions d'euros sur 194 millions. C'est donc un effort conséquent qui est consenti par Paris, et c'est ce qu'a souligné Michel Sapin, ministre français des Finances, lors de son déplacement à Bamako. «C’est ici (au Mali) un soutien, et c’est en France une dépense, a pointé le ministre français. Dans un contexte budgétaire que chacun connaît en France, je suis chargé de serrer les cordons de la bourse. Mais il nous est apparu indispensable d’apporter un soutien supplémentaire au Mali. »
 

«Réorienter nos efforts vers le développement»
Un soutien qui s'ajoute à la présence militaire française dans le pays depuis janvier 2013, d'abord avec la force Serval, puis l'opération Barkhane. Le ministre malien de l'Economie, Mamadou Igor Diarra, se dit « comblé » par cette « bonne nouvelle » : « Nous avons véritablement apprécié ce geste de générosité », a-t-il confié. «Nous l’avons aussi interprété comme un encouragement, dit-il. Pendant une période où notre pays se reconstruit, cet appui va nous permettre de réorienter nos efforts vers le développement. » Après cette annulation, la dette bilatérale du Mali envers la France s'élève désormais à près de 130 millions d'euros.

 
Terrorisme : « D'où vient l'argent ? »
La lutte contre le financement du terrorisme était également au cœur des préoccupations exprimées lors de cette réunion de la zone franc, qui s'est déroulée dans un pays et dans une région où les groupes islamistes sont particulièrement actifs. Mamadou Igor Diarra explique que « les forces de l’intolérance qui opèrent dans notre zone, elles le font avec des moyens». Et de préciser: «Elles le font avec des véhicules, en achetant du carburant et parfois en faisant adhérer des jeunes par d’autres objets de tentation. Et cela forcément nécessite un coût. Donc, nous nous interrogeons : d’où vient cet argent ? Je peux vous assurer que des directives ont déjà été adoptées pour non seulement surveiller, contrôler, traquer et même saisir toutes les opérations qui sont de nature douteuse ou qui pourraient participer à cela».
 

Rfi.fr

Samedi 11 Avril 2015 - 15:08



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