Audition sur le fonds des collaborateurs de Bara Sady : entre humiliation et cours magistral en finances publiques



Les auditions sur le fond du dossier des 48 milliards détournés au Port Autonome de Dakar sous l'ancien Directeur Général Bara Sady se poursuivent. Après ce dernier dans les liens de la détention depuis novembre dernier à la Maison d'Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss auditionné avant-hier mercredi, ces collaborateurs ont fait face au juge hier jeudi. Une audition qui n'a pas été un fleuve tranquille.


L'ancien secrétaire général, Oumar Diagne Thiam ayant ouvert le bal, c'est toutefois le passage du Directeur comptable Ahmed Soumaré qui a été le plus houleux puisque Me Boubacar Wade, le conseil de Bara Sady qui a voulu participer à l'audition, s'est vu humilier par le juge Samba Sall qui lui demande de quitter séance tenante son bureau. En effet, un conflit d'intérêts signalé par Me Kouressy BA qui a menacé de se déporter si son collègue, Me Boubacar Wade ne quittait pas la salle, a amené le juge à intervenir pour calmer les esprits. Le prévenu affirmant ne pas avoir constitué Me Wade, le juge l'a sommé de quitter les lieux, ce qu'il fit sans broncher. Ce, avant que le cours magistral en finances publiques et management au juge ne commence.


Ahmed Soumaré, spécialiste en la matière dont l'expertise, selon le journal « l'as » est sollicitée partout en Afrique, a été époustouflant. Selon la source, il a démontré de bout en bout que le dossier qui lui vaut la prison est cousu de fil blanc. « Il faut être un profane en finances publiques pour inculper des gens sur la base de réquisitoire. Même si le DG me demandait de faire quelque chose d'illégal, ma formation et mon éducation m'auraient empêché de le faire » dit le comptable dont l'exposé a été si clair que ses avocats Me Souleymane Ndéné Ndiaye, Me Seck représentant le bâtonnier, Mes Ahmed BASouley MbayeDramé n'ont pas eu besoin d'apporter des éclaircissements. Ils ont sauté sur l'occasion pour fustiger l'attitude du maître des poursuites qui n'a pas pris en compte le procès-verbal de la Division des Investigations Criminelles (DIC) qui disculpe les mis en cause, ni même exécuté la demande d'expertise sollicitée sur les travaux immergés au PAD.

A cet effet, Mes Souleymane Ndéné Ndiaye et Cie vont déposer une demande de liberté provisoire ce vendredi. Ce, au moment où, les auditions qui continuent, ce lundi, ce sont 20 entrepreneurs cités dans le dossier qui feront face au juge.


Dié Ba

Vendredi 24 Janvier 2014 - 10:24



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