Burundi: l’opposition refuse de «cautionner cette descente aux enfers»

Dans une déclaration commune, les partis d’opposition au Burundi rejettent par avance les résultats des élections législatives et communales qui se sont tenues lundi 29 juin au Burundi. Ils dénoncent un « forcing électoral » pour un scrutin marqué par un climat de violences et d’intimidations. Même s’ils sont élus, les représentants de l’opposition affirment qu’ils ne siégeront pas.



Toujours dans l'attente des résultats des élections législatives et communales du lundi 29 juin, le Burundi a connu à nouveau une journée de violences meurtrières, mercredi. Au moins six personnes ont été tuées .

Dans le même temps, plusieurs partis d'opposition ont signé une déclaration affirmant qu’ils « ne reconnaîtront pas les résultats de cette comédie électorale et les institutions qui en seront issues ». Les partis signataires assurent qu'ils ne siégeraient pas s'ils étaient élus au terme de ces deux scrutins très critiqués, sur fond de contestation de la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel.

Dès lundi, juste après le vote et au fur et à mesure des dépouillements et compilations des résultats  des deux scrutins, la radio nationale burundaise avait annoncé des résultats partiels. Selon ces chiffres, la coalition des Indépendants de l'espoir, la formation de Charles Nditije et Agathon Rwasa était en deuxième position, derrière le CNDD-FDD, le parti au pouvoir.

L'opposition parle de « résultats fabriqués »

 

Malgré ces résultats partiels qui lui sont favorables, le parti des Indépendants de l'espoir a cependant décidé de signer, lui aussi, la déclaration des partis et organisations politiques de l’opposition. « On cherche en fait à prétendre qu’il y a eu une élection démocratique, alors qu’il n’en est rien. Et ça, c’est le propre des dictatures », explique Agathon Rwasa, qui juge que l’objectif de Pierre Nkurunziza est de « garantir que les institutions sont plutôt dominées par le CNDD-FDD » dans l’optique de « réussir à opérer les changements dans les lois comme ils le veulent ».

Le leader historique de l'ancienne milice des Forces nationales de libérations  (FNL), dénonce des « fraudes » lors du scrutin. « Des gens ont été menacés de mort s’ils n’allaient pas voter », affirme-t-il. « Des élèves ont été menacés de ne pas avoir leurs résultats scolaires si leur carte d’électeur ne portait pas la mention qu’ils avaient participé à ce scrutin du 29 », rapporte-t-il.

« Il faut que l’on ait des institutions démocratiques. Ces résultats, fabriqués par la Céni et par le pouvoir de Nkurunziza, ne sont pas des résultats qui peuvent nous donner ce genre d’institutions», juge Augustin Rwasa, pour qui le scrutin de lundi « risque plutôt de nous mener vers l’isolement. Et si jamais on est isolés, ceux qui en souffriraient, ce seraient plusieurs millions de Burundais. On ne devrait pas cautionner cette descente aux enfers. »


Rfi.fr

Jeudi 2 Juillet 2015 - 07:29



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