Cameroun: l'avocate française Lydienne Yen Eyoum libérée

Lydienne Yen-Eyoum, avocate française d'origine camerounaise, a recouvré la liberté lundi soir 4 juillet, ont fait savoir ses avocats. Arrêtée au Cameroun en janvier 2010 et accusée de détournement de deniers publics, elle avait été condamnée à 25 ans de prison par le Tribunal criminel spécial dans le cadre de l'opération épervier, un programme de lutte contre la corruption qui a encadré l'arrestation de nombreuses personnalités camerounaises.



« Lydienne Yen Eyoum nous a appelés au téléphone avec une voix extraordinairement joyeuse qui contraste avec le malheur qu’elle vit depuis six ans, car le régisseur de la prison venait de lui dire : "venez prendre vos affaires pour sortir" », a déclaré Maître Christian Charrière-Bournazel, un de ses conseils.
 
Le président camerounais Paul Biya a annoncé lundi qu'il accordait une remise de peine à Lydienne Yen Eyoum. Arrêtée en janvier 2010, l'avocate français d'origine camerounaise avait été condamnée à 25 ans de prison le 26 septembre 2014 par le Tribunal criminel spécial pour le détournement de 1,077 milliard de francs CFA (environ 1,5 million d'euros).
 
Pour ses avocats français, c'est une libération aussi bienvenue qu'inattendue. Lydienne Yen Eyoum avait en effet épuisé tous ses recours juridiques. Le 9 juin 2015, la Cour suprême, la plus haute juridiction camerounaise, avait confirmé sa peine.
 
Cette remise en liberté est donc le résultat de tractations diplomatiques, selon Maître Christian Charrière-Bournazel, un de ses conseils. « Ce que l’on attend depuis des mois et des mois, ce pour quoi nous avons récemment encore été reçus à l’Elysée par Mme Le Gal, la conseillère du président, vient de se réaliser d’une manière tout à fait extraordinaire car on ne savait plus si on devait attendre six mois, un an, deux ans, a-t-il expliqué. Mais nous savions une chose, c’est que le président Hollande avait de manière très ferme demandé à plusieurs reprises à M. Paul Biya de libérer Mme Yen Eyoum. Tout ça se passe à un moment où on se demandait si quelque chose allait sortir de ces contacts, de ces relations. Et d’un seul coup, elle est libre. Nous sommes évidemment profondément heureux pour elle, son mari que nous avons eu au téléphone est lui-même tout à fait heureux. »


Source: Rfi.fr



Mardi 5 Juillet 2016 - 06:55



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