Centrafrique: aux abords de l'aéroport de Bangui, la misère se banalise

A Bangui, 450 000 personnes, soit près de la moitié des habitants, sont considérés comme déplacés par les organisations humanitaires. Dans les camps, tous attendent le résultat des élections pour envisager un retour chez eux. C’est le cas particulièrement autour de l’aéroport de la capitale.



Vue d'un chemin dans le camp de déplacés jouxtant l'aéroport de Bangui, le 19 janvier 2014. RFI
Vue d'un chemin dans le camp de déplacés jouxtant l'aéroport de Bangui, le 19 janvier 2014. RFI
C'est un immense camp de déplacés au pied des pistes de l'aéroport de Bangui où plus de 100 000 personnes sont entassées. Sous des tentes à perte de vue, la vie s'organise avec des noms de rues et des magasins, comme le Salon de coiffure pour dames de Favorite, 25 ans, réfugiée là depuis un mois : « Il y a des femmes qui viennent tout juste pour se rendre belles parce qu’on ne peut pas quand même rester dans des situations désagréables. Bien qu’on souffre, on cherche toujours à se rajeunir. On cherche à être quand même loin des maladies, des saletés. »

Devant le salon de coiffure pour dames de Favorite, 25 ans, au pied des pistes de l'aéroport de Bangui, le 19 janvier 2014. RFI
Devant le salon de coiffure pour dames de Favorite, 25 ans, au pied des pistes de l'aéroport de Bangui, le 19 janvier 2014. RFI
Le principal souci des déplacés reste l'eau et la nourriture distribuées par les organisations humanitaires. Mais les coupons de rationnement sont souvent volés par des jeunes armés de machettes. « Les jeunes garçons viennent prendre les billets, témoigne une femme. Mais nous qui dormons ici, on n’a pas trouvé les billets. On souffre beaucoup. Il faut voir les problèmes. »

La promiscuité et l'insalubrité gagrènent le camp de déplacés. RFI
La promiscuité et l'insalubrité gagrènent le camp de déplacés. RFI

Depuis une semaine dans Bangui, les violences ont diminué mais dans les camps, beaucoup attendent l'élection du nouveau président avant de rentrer chez eux : « On doit rentrer chez nous parce qu’on ne peut pas continuer à rester ici jusqu’à la fin. Notre problème, c’est quoi ? C’est d’avoir un bon président. On attend l’élection, on attend la transition. Si l’élection a lieu dans de bonnes conditions, on va rentrer ».

 

A l'Assemblée, le Parlement provisoire vote aujourd'hui pour élire ce président de transition, dans un pays où le quart des habitants vit actuellement dans des camps.

Source : Rfi.fr



Lundi 20 Janvier 2014 - 17:07



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