Centrafrique: avant son ouverture, le sommet de Ndjamena suscite déjà des critiques

Les autorités tchadiennes ont annoncé, le lundi 6 janvier, lors d'un débat aux Nations unies qu'un sommet consacré à la Centrafrique se tiendrait cette semaine à Ndjamena. Ce sommet extraordinaire de la CEEAC, la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale, doit s'ouvrir ce jeudi 9 janvier avec les partenaires internationaux pour se terminer vendredi. L'ordre du jour précis reste inconnu, ce qui alimente de nombreuses spéculations. Une chose est sûre : les acteurs politiques et de la société civile qui avaient participé aux processus de Libreville, le processus qui avait lancé la transition, n'ont été ni consultés, ni invités. Et des voix commencent à s'élever pour le regretter.



Patrouille conjointe de soldats français de l'opération Sangaris et de troupes tchadiennes de la Misca, à Bangui, le 4 janvier 2014. AFP / MIGUEL MEDINA
Patrouille conjointe de soldats français de l'opération Sangaris et de troupes tchadiennes de la Misca, à Bangui, le 4 janvier 2014. AFP / MIGUEL MEDINA

A une journée de l'ouverture du sommet de Ndjamena, le plus grand mystère continue à régner sur l'ordre du jour précis de la rencontre. Y compris pour les personnes qui ont été conviées. L'invitation a été rédigée en termes sibyllins. « On nous parle d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la CEEAC sur la situation en République centrafricaine, mais il n'y a rien d'officiel sur ce qui sera discuté », explique l'un des destinataires. Ce silence alimente à Bangui la spéculation sur les points qui seront soumis aux participants.
 

Réactions
 

Ceux qui n'ont pas été conviés, en tout cas, commencent déjà à réagir. La classe politique centrafricaine, notamment, qui avait été associée par le passé aux discussions de Libreville et qui n'a pas obtenu cette fois-ci de billet pour Ndjamena. Le RDC, le Rassemblement démocratique centrafricain regrette que les acteurs de Libreville n'aient pas été invités. Me Henri Pouzère, de l'association politique Londo indique de son côté que « rien ne peut être décidé au nom des Centrafricains sans les Centrafricains, sinon on ne s'en sortira jamais ».
 

« Sceptiques »
 

La société civile n'a pas plus été conviée. « Vu l'absence de consultation, nous sommes d'ores et déjà sceptiques sur les solutions qui seront proposées, a indiqué à RFI Gervais Lakosso, le coordonnateur du groupe de travail sur la crise en RCA. Pour nous, on ne pourra pas se passer d'un dialogue intercentrafricain sous l'égide de la plateforme des religieux ».

Source : Rfi.fr
 



Mercredi 8 Janvier 2014 - 13:24



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