Centrafrique: les habitants de Markounda fuient les violences

Le bilan de la tuerie qui s'est produite le 1er mai dans la localité de Markounda à la frontière tchadienne pourrait s'élever à 30 morts selon des habitants de la localité contactés par RFI. Une vingtaine de corps ont déjà été identifiés. Une bande armée a attaqué cette localité après avoir mené ces derniers jours plusieurs raids meurtriers contre des villages de la zone. Elle a laissé derrière elle une ville vide de ses habitants.



Evrard Droukel est le secrétaire de la sous-préfecture de Markounda. Il était en ville lorsqu'une bande de plusieurs dizaines d'hommes armés a fait irruption jeudi dernier. Certains portaient des uniformes, d'autres des turbans autour de la tête afin qu'on ne les identifie pas. Rapidement ces hommes ont commencé à piller les maisons et à tuer de façon indiscriminée.

Evrard Droukel et les 15 000 habitants ont pris la fuite. Revenu sur les lieux, Evrard Droukel a constaté les dégâts. « On a dénombré une vingtaine de corps, d’autres ont été dévorés par les porcs. On n’a pas vraiment pu les identifier. »

Cette bande armée, qu'il dit être composée essentiellement de Peuls, a écumé plusieurs villages ces dernières semaines. « Ils ont commis les mêmes raids partout dans la sous-préfecture de Markounda. Plusieurs villages ont été incendiés, des gens abattus froidement comme à Markounda », témoigne le fonctionnaire.

La bande est partie vers la localité de Bémal, à l'Ouest. Manifestement, elle cherche à rejoindre un autre groupe d'ex-miliciens selekas qui a, lui aussi, écumé une série de villages ces derniers jours. A Paoua, la sous-préfecture de l'Ouahm-Pendé, et plus importante ville de la zone, des renforts de la Misca ont été dépêchés.

Les autorités tchadiennes démentent formellement que des hommes armés aient pu franchir la frontière pour attaquer une localité centrafricaine. 

Source : Rfi.fr
 




Samedi 3 Mai 2014 - 12:00



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