Communication politique- Attaque et contre attaque : Les "chiens de garde" du Macky

Le retour d'Idrissa Seck au bercail et la simple annonce de celui d’Abdoulaye Wade, après des mois d’absence du pays, considérés comme des événements ou "non événements", ont toutefois été tel un stimulus, ayant déclenché chez des collaborateurs et courtisans du président Macky Sall, ce reflexe du chien de garde, toujours prêt à sortir les crocs pour protéger la cour du maître de toute agression extérieure.



Réflexe de survie ou de protection? Quoi qu'il en soit, les journalistes et communicants proches du président de la République, Macky Sall, sont les premiers à monter au créneau pour porter la réplique ou l’estocade aux adversaires politiques. Ils affichent une détermination sa faille à ne plus laisser le terrain à l’opposition. Cela s’est vérifié avec l’attaque en règle du président de Rewmi, Idrissa Seck à sa descente d’avion après une longue période d’absence du Sénégal.


  A côté de ce retour, il y a un comeback apparemment plus craint. C’est celui de l’ancien président de la République, qualifié par les observateurs avertis de la scène comme «un redoutable monstre politique». Les affidés et spécialistes du locataire actuel du palais présidentiel,  comparent  même le «Pape du sopi» à un «vieux opposant perturbateur» venu troubler la quiétude des sénégalais et sont sur le qui vive depuis l'annonce de son retour.


 De ce fait, les sorties dans les médias,  pour s’ériger en bouclier de protection  contre les flèches lancées en  direction de Macky Sall  foisonnent. Elles ont noirci les colonnes et barré presque toutes  les unes des quotidiens. Rivalisant d’ardeur, de sévérité et d’autorité les unes après les autres.  L’essentiel pour leurs  auteurs, étant semble-t-il de se montrer  le plus agressif et le plus mordant  possible, de cette  meute de « chiens de garde »  afin de  se positionner davantage dans l’appareil d’Etat ou de conforter ses grâces auprès du «maître» ?


  Cette meute de «chiens de garde» comme dirait Serge Halimi, serait ainsi composée en grande partie de journalistes recyclés soit  ministre (Abdoulatif Coulibaly), soit  conseiller en communication (Souleymane jules Diop), soit Président de collège de délégués (Abou Abel Thiam) ou  conseiller et ami du président( El Hadji Kasse). Mais aussi de  «fous du roi» ( Hamath Suzzane Camara, Moustapha Cissé Lô et Farba Ngom) ayant fait allégeance totale à leur maître.


  Toutefois, les plus controversées de ces sorties au vitriol restent celles de Souleymane Jules Diop et d’ Abdoulatif Coulibaly,  portant la réplique à Idrissa Seck.


  En effet, ce dernier dès sa sortie de l’aéroport ne s’est pas fait prier pour annihiler tout le travail abattu par le gouvernement en place durant son absence du territoire. Du  Programme Sénégal Emergent (PSE), si cher au président Sall en passant  par  la politique de bonne gouvernance, sans oublier de fouiner dans le patrimoine du leader de l’APR qu’il juge « illicite »,  Idy n’a rien laissé de côté.

Et pour la contre attaque, le premier à sortir de son «chenil» a été, Souleymane Jules Diop. Dans un air mêlant à la fois défi et  menace, l’ancien chroniqueur  du web, farouche opposant au régime de Wade et  ex  «ami» de Idrissa Seck, a défendu bec et ongle son nouvel «ami» Macky Sall. Traitant le maire de Thiès de «personne la moins bien placé au Sénégal pour parler d’argent et aussi de gestion». Pour le conseiller en Com du président : «au lieu de dire aux gens ce qu’il a fait ces derniers mois», ce qui est choquant dans les déclarations d’Idrissa  Seck c’est qu’« il  parle de ce que les gens n’ont pas fait». Lui qui «depuis cinq (5) ans, qu’il a été élu maire, il perçoit le salaire des thièssois et l’argent du contribuable thiessois pour travailler  alors qu’il n’est apparu que deux (2) fois à la mairie». SJD ira même jusqu’à rappeler à son ancien « mentor » l’histoire du fameux protocole de Rebeuss et promet d’en dire davantage si ce dernier ne se tenait pas à carreau. Drôle de volte face pour quelqu'un qui, naguère disait que "Idrissa Seck est un homme bien et qu'il  est blanc comme neige" se prononçant sur l'affaire des chantiers de Thiès.

  Pour enfoncer le clou Abdou Latif Coulibaly d’enfourcher son cheval sabre au vent en qualifiant l’ancien Premier ministre de «fainéant», «qui n’a que le mot argent à la bouche» et qui en est «même arrivé à croire si on lui dit telle personne travaille, que ce n’est pas vrai».
L’ancien directeur de Publication de l’hebdomadaire «La Gazette» et nouveau membre du parti au pouvoir, de se «demander d’ailleurs s’il (Idy) sait ce qu’est le travail réellement». Raison pour laquelle, selon le nouveau collaborateur du régime en place «dès qu’il (Idy) débarque, il pense que les gens ne travaillent pas. Parce que  son rapport avec le travail est un rapport problématique. Il a rapport presque névrotique avec l’argent et son moi ». Et de s’interroger "De deux choses l’une ou il a eu le sentiment qu’on lui a volé quelque chose ou il a le sentiment qu’il devait nécessairement être là. Dans l’un et l’autre cas, c’est un défaut terrible ».

El hadji kassé pour sa part, interrogé sur le retour de Abdoulaye Wade sur les ondes d’une radio va parler d’un  «Un homme dont la  seule chose qui compte c’est son fils et sa famille, non les besoins des populations ».

Pour donner un dernier coup de massue, c’est l’ancien journaliste de Walfadjri, Abou Abel Thiam de traiter le père du célèbre détenu de la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss de « ne pas respecter les sénégalais et de vouloir faire son show après près de deux ans d’absence du pays et de ruser pour se donner de l’importance ».

 
Avec ces déclarations, plus virulentes les unes que les autres, Macky Sall n’osera sans doute pas dire, cette fois ci, qu’il n’a pas été défendu des attaques de ses adversaires. Le chef de l’état peut désormais se targuer d’avoir  avec lui  des boucliers, des «chiens de garde» prêts, semble-t-il; à bondir sur n’importe quel assaillant et mordre s’il le faut.



Vendredi 25 Avril 2014 - 04:00



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