Côte d'Ivoire : un rapport souligne les violences sur les femmes à l'hôpital



Les violences subies par les femmes au quotidien en Côte d’Ivoire sont innombrables : violences conjugales, excision ou viol ; ou plus pernicieuses comme la maltraitance au travail ou l’humiliation des employeurs sur leur personnel de maison.

Plus étonnant encore, la violence constatée sur les femmes enceintes en milieu hospitalier, comme le souligne une enquête de l'ONU Femmes. Un travail réalisé dans trois centres hospitaliers de Yopougon, Abobo et San Pedro, à la demande de l'Association des sages-femmes ivoiriennes (ASFI).

« Il y a la maltraitance du personnel de santé vis-à-vis de ces femmes qui viennent en consultation prénatales, postnatales », indique Nicolas Betsi, chargé du Programme autonomisation et lutte contre les violences faites aux femmes pour l'organisation onusienne. « Lorsqu’une femme se rend à l'hôpital, et qu’on l’oblige à payer des médicaments ou à payer le service, ça fait un problème ».

Un problème d’éducation mais pas seulement
En raison de la corruption des agents hospitaliers, elle se voient souvent obligées de payer pour des soins censés être gratuits. « En partant de chez elles, elles ne s’y attendaient pas. Donc si elles n’ont pas les moyens, elle sont obligées de se débrouiller autrement », précise Nicolas Betsi.

« Le ministère de la Santé a fait beaucoup de formations et de sensibilisations à l’endroit de ces prestataires de santé » réplique Yacouba Doumbia, chef de service à la Direction de l'égalité et la promotion du genre au ministère de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales. « Il y a aussi la tolérance zéro. Les professions de santé, qui ont été auteurs de certains types de violences en milieu hospitalier, ont été sanctionnées en bonne et due forme », insiste-t-il.

De l'avis des experts qui travaillent sur ces questions, la violence basée sur le genre en Côte d’Ivoire, est encore trop liée à l'éducation, à la tradition et aux défaillances des structures de l'Etat. Ainsi, à titre d'exemple, sur 100 femmes ivoiriennes, 36 d'entre elles sont victimes de mariage forcé avant leurs 18 ans. Et quand une femme est violée, elle doit payer le certificat de santé attestant de ce crime ; une contrainte qui dissuade bien souvent de porter plainte pour pouvoir poursuivre son agresseur.

Rfi.fr

Vendredi 26 Août 2016 - 13:30



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