Crimée: après le blocus, les forces pro-russes lancent la conquête

Les jours se suivent et le processus d’intégration de la Crimée à la Fédération de Russe se poursuit inexorablement. L’annexion a été validée par la Cour constitutionnelle russe ce mercredi matin. Pendant ce temps, les pro-russes ont commencé à prendre d'assaut plusieurs installations de l'armée ukrainienne.



Le drapeau russe flotte désormais sur le siège de la marine ukrainienne à Sébastopol. Le bâtiment a été investi ce matin par des dizaines de pro-russes au statut indéfini, en partie cagoulés mais non armés. Les officiers ukrainiens se sont barricadés à l’intérieur du bâtiment, mais quelques heures plus tard, certains d’entre eux ont été vus quittant les lieux. Une fois la voie libre, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des femmes, mais aussi des hommes cagoulés, ne portant aucun insigne, ont envahi les lieux. Ces personnes, présentées comme des militants pro-russes, n’étaient pas armées. Selon un représentant des forces russes sur place, Sergueï Gaïdouk, le commandant de la marine ukrainienne a été capturé par ces militants pro-russes.

Scénario similaire dans l’ouest de la péninsule de Crimée à Novoozerne : les forces pro-russes y ont enfoncé la porte de la base sud de la marine ukrainienne, à l’aide d’un tracteur. Une cinquantaine de militaires ukrainiens ont quitté la base, surveillés par les forces russes, qui ont pris le contrôle de la base. Des miliciens pro-russes ont hissé le drapeau russe. Les militaires ukrainiens ont reçu l’autorisation de prendre les armes pour se défendre, après plusieurs opérations qui ont fait deux morts hier en Crimée : un militaire ukrainien et un membre de « l'autodéfense » pro-russe, selon la police locale.

Ces manoeuvres interviennent au lendemain de la signature par Vladimir Poutine du traité qui rattache la péninsule indépendantiste à la Fédération de Russie. Le texte a été validé par la Cour constitutionnelle russe à l'unanimité en fin de matinée.

Deux responsables politiques ukrainiens bloqués à la frontière

Ce matin, le Premier ministre ukrainien Arseni Yatséniouk a demandé au ministre de la Défense par intérim Igor Tenioukh et au Premier vice-Premier ministre Vitali Iarema de se rendre en Crimée « pour mettre fin à l’escalade du conflit », rapporte notre correspondant à Kiev, Laurent Geslin. Le Premier ministre de Crimée Sergueï Axionov a immédiatement souligné que l’avion ministériel ukrainien ne serait pas autorisé à atterrir. « Ils ne sont pas les bienvenus, personne ne les laissera entrer en Crimée », a-t-il déclaré. Et l'entrée sur le territoire de la Crimée leur est toujours refusée.

Un contexte intérieur tendu en Ukraine

L’annexion de la Crimée fait la Une de tous les journaux à Kiev et occupe toutes les conversations. Pour certains la péninsule est déjà perdue, pour d’autres l’armée ukrainienne doit réagir.

Dans ce contexte extrêmement tendu, un autre événement agite les médias ce mercredi matin : mardi soir un député du parti d’extrême-droite Sloboda a agressé le directeur d’une télévision d’Etat, car celle-ci avait diffusé certaines images des célébrations des pro-russes à Simferopol. Une affaire qui tombe au plus mauvais moment pour le gouvernement ukrainien, déjà accusé par la Russie d’accueillir des extrémistes et des fascistes.


Rfi.fr

Mercredi 19 Mars 2014 - 16:45



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