Deux danseuses égyptiennes condamnées à six mois de prison pour « débauche »



Deux danseuses égyptiennes condamnées à six mois de prison pour « débauche »
Soha Mohammed, de son nom d’artiste Shakira (l’Égyptienne) et Dalia Kamal Youssef, connue sous le nom de Bardis, ont toutes deux été condamnées à six mois de prison. Elles ont été reconnues coupables par la Cour d’Azouza de débauche et d’incitation à la nudité, a rapporté le quotidien national Al Ahram, après qu’une plainte a été déposée contre elles. La condamnation met en cause leurs clips : Falfel we El Kamoun pour Shakira et Ya Wad Ya Te2eel pour Bardis. Les vidéos qui ont été diffusées sur Youtube ont généré plus de quatre millions de vues et ont été relayées par plusieurs chaines de télévision égyptiennes.


Ces deux condamnations interviennent quelques jours après la décision du syndicat des professions musicales d’interdire toute « tenue suggestive » lors des représentations données par des artistes en Égypte. Une décision prise dans le but de renouer avec « les valeurs et les traditions égyptiennes », avait précisé à la presse locale, Ahmed Ramadan, le président du syndicat. Les condamnations contre les chanteuses ou les danseuses orientales sont devenues monnaie courante dans le pays.
 

Fin juin, la danseuse d’un clip, Reda al-Fouly a été condamnée en appel à six mois de prison pour incitation à la débauche pour sa danse dans le clip vidéo Seeb Idy. Le cameraman avait quant à lui écopé de trois mois de prison et le directeur artistique en cavale, condamné à un an de prison par contumace. En avril dernier, c’est la célèbre danseuse du ventre Safinaz qui avait été condamné à six mois de prison et d’une lourde amende pour avoir porté un costume aux couleurs du drapeau égyptien (rouge, blanc et noir) lors d’une de ses représentations en 2013. Les autorités égyptiennes ont adopté en mai 2014 une loi criminalisant la profanation du drapeau ou le refus de se lever pour l’hymne national, des délits passibles d’un an de prison et d’une amende pouvant aller jusqu’à 3 400 euros (30 000 livres égyptiennes).
 

Au-delà de ces condamnations pour des tenues ou attitudes jugées inappropriées, les danseuses orientales font l’objet d’une stigmatisation de plus en plus forte en Égypte. Et face à la pression sociale, elles sont nombreuses à laisser tomber leur costume de scène et à se faire remplacer par des étrangères.

Jeune Afrique

Vendredi 4 Septembre 2015 - 12:58



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