Direct Procès Habré: Arnaud Dingammadji, un "témoin" de l'histoire à la barre (mis à jour)



A 10h03, Arnaud Dingammadji est appelé à la barre. Né en 1976, le Tchadien de nationalité est historien de formation. Il jure de «parler sans haine ni crainte et de dire la vérité rien que la vérité». «La présence d’un historien dans cette enceinte pourrait surprendre certains,  pourtant il n’y a rien de surprenant car depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les historiens sont invités dans les grands procès… La présence d’un historien ne vise pas à prononcer la culpabilité ni l’innocence mais participe à situer le contexte et encadrer les faits reprochés à l’accusé», campe ce dernier.  
 
 
Ce, d’autant plus dit-il : «En 2013, j’ai été chargé d’une mission par les juges de la Chambre d’instruction, d’expertise consistant à produire un rapport de 1982 à 1990». Axant son intervention sur trois (3) parties, l’historien entend parler des «préliminaires, du parcours de l’auteur, de sa mission et sa méthode de travail» avant de «replonger dans les méandres de l’histoire politique tumultueuse du Tchad» et «projeter quelques images». Selon Arnaud Dingammadji, il est important de jeter un coup d’œil dans son passé, pour comprendre d’où vient Hissein Habré.

 
«De sa naissance en 1942 à son accession au pouvoir en 1982», le parcours de l’ancien président du Tchad est dense et en ce sens, marque l’historien, il faut distinguer trois (3) périodes à savoir la «phase de jeunesse et de formation entre 1942 et 1971». C’est en 1971 qu’Hissein Habré, souligne Arnaud Dingammadji, a suspendu ses études en France pour rentrer au Tchad. C’est en 1978 qu’il devient Premier ministre avant ses tentatives de prise de pouvoir à partir de 1979. Il y a que l’ancien président Tchadien est «entré précocement dans la vie active » car «doué d’une grande intelligence». L’inculpé est présenté comme «un homme politique dévoré par l’ambition d’arriver au pouvoir » par le historien qui précise qu'il avait sept (7) ans lorsqu'Habré accédait au pouvoir et quatorze (14) ans lorsque ce dernier quittait le pouvoir. 


Il faut aussi préciser qu'Arnaud Dingammadji n'est pas un témoin en tant que tel, il est entendu en tant qu'expert. Les premiers témoins devraient défiler à partir de ce jeudi dans la mesure où certains viennent fraîchement du Tchad et ne sont pas dans la salle, indique le Procureur général, Mbacké Fall. 


Mercredi 9 Septembre 2015 - 10:18



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