Ebola-Fermeture des frontières d’avec la Guinée : l’OMS désapprouve, SOS consommateurs rue dans les brancards, Mamadou Ndiaye s’explique




Tollé autour de la fermeture des frontières avec la Guinée Conakry en maille avec le virus Ebola qui y a tué 78 personnes déjà. Dans tous les cas, la mesure prise ce samedi par les autorités sénégalaises qui ont fini, après la Mauritanie, par procéder à la fermeture de ses frontières d’avec la République sœur n’est pas du tout pour plaire à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dont le représentant à Dakar a fait part pas plus tard qu’hier de la désapprobation de l’instance vis-à-vis de cette décision du Sénégal. Eh bien le président de SOS consommateurs, n’en a cure. Pour Masokhna Kane, c’est la souveraineté du Sénégal qui se pose face à une maladie très mortelle et pour laquelle, il n’y a aucun médicament ni vaccin. Ce, au moment où le Directeur de la prévention au niveau du ministère de la Santé et de l’Action sociale, Mamadou Ndiaye s’explique.



« C’est une excellente mesure que les autorités sénégalaises aient décidé de fermer les frontières car il vaut mieux trop tôt que trop tard pour une maladie qui a déjà tué 78 personnes chez nos voisins immédiats et une maladie pour laquelle, il n’y ni remède ni vaccin. Donc, cette mesure est bonne, il faut que les populations comprennent que c’est indispensable qu’elles patientent qu’elles sachent que même s’il y a des pertes financières de part et d’autre, c’est le prix qu’il faut payer. Il vaut mieux prévenir que guérir contre des maladies de cette nature qui sont incurables plutôt que d’essayer de gagner de l’argent et d’exposer les populations à des risques aussi graves.


Il faut continuer à prendre des mesures de fermeture, de surveillance au niveau des frontières…On a entendu les responsables de l’OMS dire qu’ils n’ont pas approuvé…Ils le disent parce qu’ils n sont pas directement concernés, ce sont nous sénégalais  qui le sommes, je peux comprendre qu’ils demandent au gouvernement du Sénégal qui est signataire de leurs accords de les avertir, c’est tout à fait normal mais la décision souveraine appartient au gouvernement sénégalais qui expose ses populations et qui répond de la politique qu’elles mèneront vis-à-vis de ses populations et de cette maladie », plaide le président de SOS consommateurs sur les ondes de la Rfm où Mamadou Ndiaye tente en effet de s’expliquer.


« C’est parce qu’au niveau de la république de Guinée, nous n’avons pas constaté une tendance à la baisse de l’épidémie et que des cas sont apparus dans la capitale et que également des cas fortement suspects ont pu atteindre la Sierra Leone et le Libéria que nous avons jugé utile de faire un pallier de plus dans les mesures préventives que le Sénégal a préconisé en fermant nos frontières », annonce le Directeur de la prévention qui ne manque par ailleurs pas de faire part de la situation de mise après la fermeture des frontières.


« La plupart des régions frontalières sont en train de tenir des Comités Régionaux de Développement (CRD) et toutes sont en train d’exécuter et de dérouler leurs plans d’action pour sensibiliser les populations et informer le plus largement possible l’ensemble des structures, des parties prenantes qui peuvent contribuer à endiguer cette épidémie », assure-t-il. 

Dans tous les cas, pas plus tard que mercredi dernier suite à la rumeur de la présence de l'Ebola au niveau du Port Autonome de Dakar à travers un message sur les téléphones portables et les réseaux sociaux, le ministre de la Santé et de l'Action sociale, Eva Marie Coll Seck était montée au créneau dès le lendemain jeudi pour dire qu'il n'y avait aucun cas d'Ebola au Sénégal et qu'en ce qui concerne la fermeture des frontières, l'OMS ne l'ayant pas préconisé, ladite mesure n'était pas encore une urgence. Après la Mauritanie dès ce même mercredi, les autorités sénégalaises n'ont réagi que samedi.


Lundi 31 Mars 2014 - 15:44



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