Egypte: la crainte des habitants de Rabah face à une évacuation des pro-Morsi

L'Egypte est toujours déchirée entre partisans et adversaires des autorités de transition et de l'armée. Les pro-Morsi refusent de quitter le quartier de Rabah où ils ont établi leur campement. Les habitants craignent une évacuation qui pourrait engendrer des violences.



Des partisans du président Morsi, le 30 juillet au Caire. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Des partisans du président Morsi, le 30 juillet au Caire. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Nouvelle journée de manifestations dans une Egypte plus que jamais déchirée entre les partisans et adversaires des autorités de transition et de l’armée, qui a déposé le 3 juillet dernier le président élu Mohammed Morsi. A Rabah, où se trouve le principal campement des pro-Morsi, les militants islamistes refusent de quitter les lieux malgré les nouvelles mises en garde de la police égyptienne. Dans le quartier, les habitants sont partagés sur les conséquences d’une évacuation forcée. Certains l’appellent de leurs vœux, mais d’autres craignent les violents affrontements qui pourraient éclater.
« Personne ne sort de chez soi »
Mohammad Ibrahim est épicier dans le quartier. Depuis que les militants pro-Morsi se sont installés dans le quartier, ce commerçant de Rabah ne travaille quasiment plus : « Les clients ne viennent plus aussi souvent qu’avant. Personne ne sort de chez soi, et y a beaucoup de gens qui ont quitté le quartier à cause du sit-in, parce qu’ils ne peuvent plus se déplacer normalement. Il y a des gens qui ont abandonné leur appartement et qui sont partis à Alexandrie ! »
Dans les rues désertées plus de trafic, plus d’activité. Certains des habitants soutiennent malgré tout le sit-in et apportent de la nourriture ou de l’eau aux manifestants. Mais la plupart se disent excédés et le font sous couvert d’anonymat, par crainte de représailles, de la part des militants islamistes.
« Cette situation doit se terminer »
« Cette situation doit se terminer, juge Ahmad Nasser, habitant du quartier. Il faut que les manifestants s’en aillent pour qu’on puisse travailler et pour qu’on retrouve la sécurité !
Personnellement un assaut de la police ça me fait peur bien sûr. Mais si c’est pour le bien du pays, alors oui il faut disperser le sit-in, c’est évident !
 »
Les habitants de Rabah craignent en cas d’intervention de la police, être pris au piège des affrontements qui ne manqueraient pas d’éclater. Ils espèrent être prévenus à l’avance, afin de pouvoir évacuer un quartier qui risque de se transformer en un gigantesque champ de bataille.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Vendredi 2 Août 2013 - 09:55



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