Elie-Charles Moreau à Wade: Echos du Sénégal "d’en bas"



Elie-Charles Moreau à Wade: Echos du Sénégal "d’en bas"
Le Sénégal « d’en bas » s’est exprimé, s’exprime encore et ne va plus jamais arrêter de s’exprimer. Faire aveu qu’il ne s’en privera jamais plus est, pourrait-on dire, une lapalissade. Quelque chose comme un jeu dont les populaces ne se priveront pour rien au monde ; ayant surtout acquis conscience pleine que le salut, comme les libertés, ne se donne pas mais s’arrache et se conquiert. Par la plume. Par un uppercut du gauche, singulièrement. Par des coups de marteau. Par des pneus que l’on fait brûler à l’épicentre de rues bien fréquentées. D’autant que les brassards rouges paraissent avoir fait leur temps, dit-on, entre cénacles et grand’places qui demeurent des espaces de prédilection de l’ethnologie moderne. Le Sénégal « d’en bas » s’est exprimé, s’exprime encore et ne va plus jamais arrêter de s’exprimer. Il y a pris goût et des couleurs. Et ce n’est ni pour rigoler ni pour juste se donner des frayeurs. Ce constat, tacitement partagé, est un signal qu’on aurait tort de prendre pour une humeur ou quelque sentiment factice de simples gens. Autant des intellectuels ont opté de mettre au grand jour ce qu’on eût bien souhaité, voire tenté, mettre sous suaire de silence(s), autant les citoyens s’accordent sur leur aptitude non pas seulement à faire et défaire les mauvais systèmes et régimes, mais – par la magie d’une carte – à faire muer les rois et princes consorts des néons au néant. Le Sénégal « d’en bas » s’est exprimé, s’exprime encore et ne va jamais plus arrêter de s’exprimer. C’est que les bassins d’abstention sont à ras bord par ici ; que les coupes de fatalisme débordent d’affres âpres par là et que conscience pleine est, de partout, acquise que, pour se conserver, il y a urgence pressante à faire du bruit et feu de tout bois.

C’est alors que doit se manifester, au niveau du Pouvoir, en particulier, les devoirs d’écouter et d’entendre et le temps et la Nation. Mieux encore, de chercher – sans retard ou laxisme – à satisfaire les légitimes attentes des « insignifiantes » gens que paraissent être, à une consternante majorité, les Sénégalais. Depuis au moins les 16 et 17 août 2009 qui ont vu le Sénégal comme convertie en « tombe »… En attendant le retour de vacances du Président de la République ou la cessation de vacance de l’Etat qui eût été générale et généralisée si le Premier des ministres avait manqué de prendre en charge les dossiers complexes et plus que pré-occupants remisés sur les tables et dans les maroquins de ses pairs. Mais enfin !..

Il se dit et se fait plus évident que le Chef de l’Etat va nous revenir. Croisons les doigts en nous assurant qu’il sera d’attaque pour dénaturer tous les désordres nés de son absence sûrement justifiable et concevable. Car, tout ici est à résoudre. Et il appartient à Me Abdoulaye Wade, en priorité, d’aller au front. La société sénégalaise se délite, perd ses repères et tourne en rond de manière plus que stressante chaque jour qui naît. Il lui faut plus que jamais comprendre le désir de chef en chacun de nous. Il lui faut prendre le taureau par les cornes et se convaincre, sans état d’âme, que sa profonde raison d’exister – en suprême magistrat – est de permettre le passage du tas au tout qui fait l’essence de la politique. Faire du déballage n’atténuera pas l’acuité des problèmes. Il lui faut comprendre que c’est lui qui, par la parole, doit recomposer la cohésion sociale que tout le monde attend sans patience et c’est lui qui doit, en prenant en considération et pour son compte les avis et conclusions des uns et des autres, empêcher toute contingence de décomposition du tissu social sénégalais. Les Sénégalais, en 2007, l’ont ré-installé au pouvoir pour qu’il accomplisse ses missions de pâtre. En 2009, et davantage en ces moments que nous traversons, ils veulent qu’il mue en tisserand. Etre Moïse et De Gaulle, pourrait-on dire ! L’unité de la Cité est à ce prix, ce me semble. C’est une carte qu’il peut aisément jouer ! Il y a juste du métissage à faire entre la houlette et la navette ou, pour mieux dire, des consensus à établir ; et avec une facilité tout à fait compréhensible : nous sommes un peuples de cousins et de voisins ! Et ce n’est pas peu dire !.. Ma grand-mère arguerait encore que « parce qu’il en est et en serait éternellement ainsi, seule la Paix est à quérir en priorité et à entretenir en récurrence ». Absolument !

Amadou Mocktar Mbow et tous ceux de sa génération qui « furent aux affaires » ont tout été sauf des anges et des saints. Ils sont aussi, certes, comptables des retards et mauvais « départs » du Sénégal ; mais, cela ne saurait être une raison pour ne pas les écouter et entendre positivement. Avec le temps et avec l’âge, ils ont acquis ces degrés de maturité et de lucidité sans lesquels aucune utopie ne peut être convertie en destin.

Me Abdoulaye Wade doit, impérieusement, œuvrer à réconcilier les Sénégalais d’avec eux-mêmes ; ensuite d’avec le personnage qu’il est devenu par la force des choses et parce qu’il a charge d’unificateur. Il est le ciment devant conforter et consolider les alliances « contre-nature » que quiconque voudrait réussir l’Entreprise-Sénégal (demain, c’est-à-dire dès aujourd’hui !) doit susciter voire re-susciter ! Manquer d’affirmer cela au Président de la République c’est tout lui dire sauf l’essentiel. Certes, personne n’a le monopole de l’Amour du Sénégal mais nous sommes, toutes et tous, contraints et forcés de nous départir de tout égocentrisme pour (re)commencer à « aimer notre prochain comme nous-mêmes » et avec le Sénégal comme catalyseur !

Mon petit doigt, amaigri par le jeûne, m’assure que le Président de la République est dans cette dynamique. Ne ratons pas cette occasion qu’il a de nous prouver, qu’au-delà de l’idéologie et de sa grande faiblesse pour ses « compagnons », il va être debout et intellectuellement en marche pour, d’aujourd’hui à l’An 2012, nous laisser des souvenirs heureux : un Sénégal de joies jeunes et suzeraines ; loin des délestages, des inondations, loin de la misère et de toute sinistrose, des jeunes sans formation et sans emploi, de la drogue et de la pédophilie, de la prostitution et de la solitude, loin des joueurs et des magouilleurs à col blanc, des intrigues et de cette lassante cohabitation de ces 115 Sénégal de politique politicienne qui posent problème et, tant qu’ils sont, désespèrent nos espérances. Rien ne doit paraître plus urgent et plus pressant, pour nos gouvernants, pour tous ceux icelles qui ont des responsabilités dans la société, que de la rassurer et la protéger davantage. Car, si le Sénégal devait céder à ses vertiges, en cas de crise économique et de valeurs par exemple, nous en pâtirions, toutes et tous et pour de longs temps. L’anarchie, alors, paraderait souveraine dans le territoire et, le Sénégal, hélas, s’en trouverait méconnaissable et défiguré. Dieu nous en garde !..

Aucune espérance en des lendemains qui chantent n’est perdue. Les Sénégalais ont plus que jamais besoins d’assurances ; plus que jamais besoin de rêves et de réalités conformes à leurs humeurs. Il appartient et revient à Me Abdoulaye Wade de se convaincre qu’il nous doit des splendeurs aussi persistantes que ce Monument de la Renaissance africaine à tort et à travers attaqué et il nous dit tous les joyaux logés au parc culturel. C’est cela le vrai défi ! Il n’est pas de l’ordre des impossibles ! Me Abdoulaye Wade, dans la semaine même, s’attellera à cette tâche. C’est mon intime conviction ! La sienne, aussi, pour sûr !
Elie-Charles MOREAU
Ecrivain/Editeur
leforumdespoetes@yahoo.fr

Elie-Charles MOREAU

Dimanche 6 Septembre 2009 - 17:07



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