Hervé Renard : la victoire de la Zambie, "c’est un signe du destin"

Hervé Renard a mené l’équipe de Zambie à la victoire finale en Coupe d’Afrique des nations de football. L’entraîneur français explique le sacre des Chipolopolo face à la Côte d’Ivoire par l’énorme force morale et mentale qui animaient le groupe zambien durant cette CAN 2012.



Hervé Renard : la victoire de la Zambie, "c’est un signe du destin"
RFI - Hervé Renard, que représente cette victoire pour vous ?

Hervé Renard : Ca représente quelque chose d’énorme, quelque chose qui paraissait irréalisable avant la compétition. Puis, au fil des jours de préparation et de compétition, on s’aperçoit qu’il faut croire en nous. Je l’ai souvent dit : nous ne sommes pas les meilleurs. Mais on avait une force incroyable en nous durant ce tournoi. Ça a fait la différence. On a eu de la réussite. Mais je pense que pour réussir une Coupe d’Afrique, il faut de la réussite. Tout a tourné rond pour nous, ce soir.

Vous aviez achevé votre séance d’entraînement, la veille, avec des tirs au but. Aviez-vous la sensation que cette finale pouvait s’achever aux tirs au but ?
Hervé Renard : J’avais dit qu’on pouvait finir un tournoi avec la meilleure attaque et la meilleur défense et ne pas remporter la coupe. On a travaillé les tirs au but, oui. Enfin, "travailler", c’est un bien grand mot. On s’est donné confiance. En 2010, on avait été éliminés aux tirs au but par le Nigeria. Cette expérience nous a rendus plus fort dans les têtes. Et puis on savait ce qu’on voulait honorer (1). C’est un signe du destin. C’était inscrit en nous.

Comment avez-vous gérer le drame de 1993 (1) pour qu’il galvanise vos joueurs et ne pèse pas sur leurs épaules ?

Hervé Renard : On a eu de la chance parce qu’on est restés en Guinée équatoriale jusqu’à la demi-finale (face au Ghana). La seule possibilité de venir à Libreville, c’était de jouer la finale. La pression aurait peut-être été trop importante si on avait disputé tout le tournoi au Gabon. Mais je ne suis pas le mieux placé pour parler de ça car je suis en Zambie depuis 2008 seulement. Pour notre président (de Fédération, Kalusha Bwalya), qui a échappé à cette catastrophe, on avait envie de faire quelque chose.

Les cris du public en faveur de la Zambie, en fin de rencontre, comment les expliquez-vous ?


Sans doute parce que les gens de ce pays se rappellent du crash aérien de 1993 (1). Certainement parce que nous n’étions pas favoris. On défend souvent les plus petits. Enfin, on a produit du jeu durant cette CAN 2012. On a osé parce qu’un joueur zambien ne peut qu’attaquer. C’est difficile pour lui de défendre. Mais c’est tellement plaisant de les regarder jouer malgré les petites erreurs tactiques… Leur talent compense beaucoup de choses.
Source: RFI


Lundi 13 Février 2012 - 08:04



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