Kenya: l'attaque sanglante d'un bus revendiquée par les shebabs

L’attaque d’un bus samedi matin a fait 28 morts au Kenya, à quelques kilomètres de Mandera, près de la frontière avec la Somalie et l’Ethopie. Les passagers qui n’étaient pas de confession musulmane ont été assassinés d’une balle dans la tête. Les exécutions ont été revendiquées par le mouvement islamiste shebab.



Le bus a été attaqué à quelques kilomètres de Mandera, une localité kényane près de la frontière avec la Somalie et l’Ethopie, le 22 novembre 2014. REUTERS/Stringer
Le bus a été attaqué à quelques kilomètres de Mandera, une localité kényane près de la frontière avec la Somalie et l’Ethopie, le 22 novembre 2014. REUTERS/Stringer

C’est la première attaque d’une telle envergure hors du territoire somalien depuis qu’Abu Ubaidah est à la tête du mouvement jihadiste. Le nouvel émir a en effet été désigné début septembre pour remplacer Ahmed Godane tué par un raid américain.

Après une relative période d’accalmie au Kenya, c’est une manière pour le mouvement shebab d’affirmer qu’il est de retour. Le mode opératoire, séparer les musulmans des non musulmans est similaire à celui employé durant les attaques dans le comté de Lamu en juin et juillet dernier. Autre similarité, le gouverneur de Mandera a affirmé avoir essayé d’alerter les forces de sécurité sur l’imminence d’une attaque, sans succès. Ce qui souligne à nouveau l’absence inquiétante de réactivité au plus haut niveau de l’Etat.

Samedi, plusieurs chefs religieux ont dénoncé la stratégie des shebabs  visant à attiser les tensions religieuses dans un pays qui revendique une certaine tolérance. Les appels à l’unité se sont multipliés. De nombreux observateurs estiment également que les réponses brutales de la police et du gouvernement, comme les raids policiers de la semaine dernière à Mombasa, ne font que contribuer à radicaliser encore plus la jeunesse.

« Ils essaient de ramener leurs problèmes religieux au Kenya »

« Je sais qu'ils ont séparé les Somaliens et les non Somaliens, raconte le secrétaire général de la croix rouge kenyane, Abbas Gullet. Une fois séparés, ils ont demandé aux non Somaliens de réciter des versets du Coran, ce que bien sûr ils ne pouvaient pas faire et ils leur ont tiré dessus, selon ce qu'ont rapporté ceux qui ont survécu à cette attaque terroriste ».

Selon Abbas Gullet, ce type d'attaques est d'autant plus inquiétant qu'elles importent des problèmes qui n'existaient pas au Kenya :

« C'est malheureux parce que le Kenya est une nation très tolérante qui accepte toutes les religions et toutes les fois, rappelle-t-il. Et donc il est très triste de voir ces individus venus de l'extérieur du pays commettre de tels actes. Ils essaient de ramener leurs problèmes religieux au Kenya. Et j'espère, je prie pour que nous, les Kenyans, restions unis par rapport à ce genre d'événement et que nous ne nous laissions pas entraîner dans ces situations tendues sur les questions religieuses, car ce n'est pas la religion à proprement parler qui est en jeu. Ce sont des problèmes ni islamiques, ni religieux en soi ».


Rfi.fr

Dimanche 23 Novembre 2014 - 09:09



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