La FIJ condamne la détention arbitraire d’un journaliste et dénonce les menaces sur la presse indépendante en Mauritanie



La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a condamné aujourd’hui le maintien illégal, arbitraire et injustifié en détention du journaliste Hannevy Ould Dehah, Directeur du site d’informations Taqadoumy à la prison Dar Nahim de Nouakchott, malgré l’expiration de sa peine.

« La détention de notre collègue au delà de la durée de sa peine est un scandale», a déclaré Gabriel Baglo , Directeur du Bureau Afrique de la FIJ « Les poursuites engagées contre lui étaient elles mêmes non fondées car la procédure contre la presse électronique n’est pas prévue par la loi mauritanienne. Elles ne seraient rien d’autre qu’une stratégie pour la museler », a-t-il ajouté.

Arrêté le 18 juin 2009 sur ordre du parquet de Nouakchott, Hannevy Ould Dehah a été condamné le 19 août pour le délit d’atteinte aux bonnes mœurs à 6 mois de prison assortis d’une amende. Le 24 décembre 2009, il avait fini de purger sa peine, mais les autorités pénitentiaires ont refusé de le libérer, le plaçant de fait sous le coup d’une détention arbitraire.

Pour rappel, Taqadoumy a été l’un des sites d’informations les plus virulents à l’égard du coup d’état du 06 août 2008 qui a porté l’actuel Président au pouvoir.

Dans le cadre de son plan d’action, le Syndicat des Journalistes Mauritaniens (SJM) a rencontré le Premier Ministre, les ministres de la communication et de la justice, le Représentant des Nations Unies et le procureur pour leur demander d’user de leur influence pour qu’il soit libéré. Selon Said Hussein, Président du SJM, « malgré 4 sit-in, 3 marches de protestation et un sit-in ouvert permanent au siège du syndicat, Hannevy est toujours en prison où il a entamé une grève de la faim depuis dimanche dernier. Nous continuerons notre lutte jusqu’à sa libération et tenons les autorités pour responsables de tout ce qui pourrait lui arriver ».

En outre, La FIJ s’inquiète des retombées de la décision prise une semaine avant la fin de l’année et de façon unilatérale, par l’imprimerie nationale d’augmenté de 300% les frais d’impression des journaux indépendants poussant la presse à observer le dimanche 03 janvier 2010 une journée sans journaux. Selon la FIJ, cette décision fait peser de très sérieuses menaces sur l’existence même de la presse libre.

La FIJ appelle les autorités mauritaniennes à libérer immédiatement et sans condition le journaliste et à respecter les promesses du Président Abdel Aziz à faire de la libéralisation des médias et de la liberté de la presse une priorité du nouveau régime.

PressAfrik

Mardi 5 Janvier 2010 - 17:18



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