La France poursuit sa réorganisation dans la bande sahélo-saharienne

La France va prochainement s'installer dans le nord du Niger, pour être présente sur une ligne allant de Tessalit au Mali à Faya Largeau au Tchad, en passant par les plateaux de l'extrême nord du Niger, au plus près de la Libye.



Des soldats français en patrouille au sud de Tessalit, le 20 mars 2013. REUTERS/Francois Rihouay
Des soldats français en patrouille au sud de Tessalit, le 20 mars 2013. REUTERS/Francois Rihouay

Les deux hélicoptères Caracal de l’armée de l’air se posent à Ndjamena. Des militaires lourdement armés sortent de l’appareil. Ils viennent de boucler dix jours de mission de reconnaissance dans le nord du Niger. Objectif : trouver des terrains d’aviation utilisables, des zones de poser pour les hélicoptères, de l’eau potable, pour construire un réseau de points d’appui.

La localité de Madama a notamment été évaluée. « Le nord du Niger est une zone d’intérêts parce que c’est une zone de flux. Et en totale coopération avec les forces armées nigériennes, nous souhaitons nous y installer de manière temporaire », explique le général Jean-Pierre Palasset, commandant de la force Barkhane.

Le but est d’entraver ces flux de ravitaillement qui alimentent aujourd’hui encore les mouvements jihadistes dans la région du Tigharghar, dans le nord du Mali, voire peut-être un jour remonter jusqu’à la source, en Libye. « Actuellement, la Libye n’est pas dans ma zone d’action. Mais la Libye, et particulièrement le sud de la Libye, est une zone d’intérêts puisqu’on sait très bien que c’est un lieu de stationnement, d’entraînement, et que c’est de là que vient l’armement. Les mines qui nous frappent viennent de cette zone-là », rapporte encore le général Palasset.

Fin octobre, l’armée française devrait avoir achevé sa réorganisation dans ce qu’elle appelle le « fuseau est de la bande Sahel-Sahara ». Une zone qui englobe une grande partie du Niger et du Tchad.

 

À Ndjamena, le centre névralgique de la force Barkhane

Il est sorti de terre sur l’emplacement de l’ancienne place d’armes de la base française. Entouré de grillages et de barbelés, le poste de commandement de la force Barkhane est le centre névralgique du dispositif français au Sahel et dans le Sahara.

« C’est le centre qui permet d’avoir la situation de toutes nos unités terrestres. Ça permet de fusionner l’ensemble des informations, de savoir précisément en permanence où sont nos troupes. On a un chat plutôt tourné vers la composante aérienne, un autre avec tous les éléments qui se trouvent dans les PC de nos composantes, aussi bien à Gao qu’à Ndjamena, et on a aussi la recopie en temps réel des images que les drones peuvent prendre n’importe où sur le terrain de la BSS (bande sahélo-saharienne, ndlr) », détaille le colonel Renaud, chef de la conduite des opérations.

Ce jour-là, dans la bande sahélo-saharienne, près de 400 militaires français sont en opération. Sur un écran apparaît une image en noir et blanc. C’est la vidéo tournée par un drone qui survole un convoi de ravitaillement dans l’extrême nord du Mali, près de la frontière algérienne, à 2 000 kilomètres de là. Puis un ordinateur crache ses infos : une mine aurait explosé près d’Aguelhok.

Deux Rafale quittent alors la base de Ndjamena. Les avions reviendront à peine une heure plus tard sans avoir largué leurs bombes. Sous son hangar, un troisième Rafale est prêt pour une mission de reconnaissance vers un lieu tenu secret.



Rfi.fr

Dimanche 21 Septembre 2014 - 09:11



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