La SENELEC asphyxie le secteur informel

Les conséquences des délestages sue les activités économiques sont connues de tous. La DPEE nous en donne une idée exacte à travers une enquête. Pour évaluer l’impact de ces interruptions involontaires dans la fourniture d’électricité, la Direction de la Prévision et des Etudes Economiques (DPEE) a initié une enquête auprès de 300 entreprises du secteur informel. Selon la DPEE, « l’impact est évalué en termes de problèmes de trésorerie, pertes de commandes, déficits de production, heures supplémentaires additionnelles, retards dans l’exécution des commandes, destructions temporaires d’équipements, pertes définitives de matériel et pénalités à payer ». L’enquête concerne aussi le secteur moderne et les ménages. Dans ce premier jet on vous propose les conséquences sur les entreprises du secteur informel.



La SENELEC asphyxie le secteur informel
Au total, 300 unités relevant du secteur informel ont été interrogées dans les 4 départements de Dakar (Dakar, Guédiawaye, Pikine, Rufisque) ainsi que dans celui de Mbour. Le chiffre d’affaires journalier de ces entreprises varie de 400 FCFA (« commerce de boissons ») à 350.000 FCFA («fast food »). Le montant moyen bimestriel des factures d’électricité s’établit à 74.290 F CFA. La boulangerie pâtisserie constitue le corps de métier dont la facture d’électricité est la plus élevée, soit 554.000 FCFA par bimestre.

Il ressort des résultats que l’essentiel des entreprises informelles (74,2% des répondants) sont confrontées aux délestages depuis environ 6 mois, c’est-à-dire depuis février 2010. Les délestages surviennent entre 2 et 3 fois par jour et durent en moyenne 5 heures et demi par jour.
Pour faire face aux délestages, certaines entreprises ont acquis des groupes électrogènes (15,1% des répondants). Les entités informelles intervenant dans le domaine de l’alimentaire (boulangerie et pâtisserie, restaurants et fast food, boucherie charcuterie, bars et buvettes, commerce de fruits et légumes et commerce de boissons) constituent pratiquement les acquéreurs de la moitié des groupes électrogènes, soit 48,9%. Pour la plupart des entreprises utilisant un groupe électrogène, le coût de l’investissement est compris entre 45.000 FCFA et 8 millions de FCFA, avec un coût moyen d’acquisition d’un groupe électrogène de 812.000 FCFA. Quant au carburant utilisé, son coût mensuel est compris entre 1.500 FCFA et 900.000 F CFA tandis que les autres coûts mensuels liés à l’entretien et au fonctionnement du groupe varient entre 3.100 FCFA et 10.000 FCFA. En dehors des « boulangerie et pâtisserie », le coût moyen d’acquisition du groupe électrogène dans l’informel s’établit à 217.400 FCFA, fluctuant entre 45.000FCFA et 500.000 FCFA. Pour cette catégorie, les dépenses mensuelles en carburant sont estimées à 122.200 FCFA en moyenne, variant entre 1.500 FCFA et 450.000 FCFA et les autres coûts mensuels fluctuent entre 3.100 FCFA et 8.000 FCFA.
Pour ce qui est des autres mesures prises pour pallier le manque d’électricité, 15,1% des unités informelles ont recours soit aux lampes électriques (33,1%), aux lampes torche (31,1%), aux bougies (13,2%), aux régulateurs (4,6%), aux lampes à gaz (4,6%), aux travaux manuels (8,6%) ou encore à l’achat de glace (4,6%). Les coûts moyens mensuels des lampes électriques et des lampes torches s’élèvent respectivement à 6.786 FCFA et 2.578 FCFA. Concernant les bougies, les unités informelles dépensent en moyenne 1.117 FCFA par mois. Pour celles qui ont recours à l’achat de glace, elles supportent un surcoût moyen mensuel de 2.400 FCFA.

Le manque à gagner journalier imputable aux délestages est estimé en moyenne à 45.854 FCFA. Au chapitre des difficultés occasionnées par les perturbations dans la distribution de l’électricité, les unités informelles ont indiqué les problèmes de trésorerie (44,6% des répondants), les pertes de commandes (39,3%), les déficits de production (36,9%), les retards dans l’exécution des commandes (29,2%), les heures supplémentaires additionnelles (17,8%),les destructions temporaires d’équipements (15,8%) les pertes définitives de matériel (6,4%) et les pénalités à payer (39,2%).



Mercredi 6 Octobre 2010 - 12:59



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