La pollution autour de Pékin responsable chaque année de milliers de décès prématurés

Les experts le laissaient entendre depuis un moment, cette fois une étude le prouve : les centrales au charbon ont causé 9 900 décès prématurés en 2011 dans Pékin et sa région. C’est une enquête de Greenpeace Chine et d’experts américains qui l’affirme. Le rapport s’est penché sur l’impact sanitaire de la combustion des combustibles fossiles pour produire de l’électricité. Une enquête qui vient renforcer les inquiétudes alors que la capitale chinoise et les villes alentour sont déjà plongées dans un épais brouillard de pollution atmosphérique.



La pollution autour de Pékin responsable chaque année de milliers de décès prématurés

« Se chauffer au charbon tue ! S’éclairer à partir de l’électricité produite par les énergies fossiles également ! ». Dans le collimateur de Greenpeace : 196 centrales à charbon de Pékin, de Tianjin et de la province du Hebei, qui entoure la capitale chinoise. Presque 200 centrales et au moins autant de cheminées qui rejettent en permanence des particules dans l’air, nocives pour les alvéoles pulmonaires des plus fragiles.

Maladies cardiaques

Selon ce rapport, 9 900 personnes sont ainsi décédées de manière prématurée en 2011, en raison de cette intoxication aux fumées carbonées. Des poussières responsables de cancer du poumon dans 850 cas mentionnés par l’étude ; les autres décès prématurés, beaucoup plus nombreux, étant attribués à des accidents vasculaires cérébraux et des maladies cardiaques notamment.

La capitale et sa région restent boulimiques en matière d’énergie fossile. Et si Pékin espère réduire sa consommation de sept millions de tonnes sur les 27 millions consommées annuellement d’ici à 2020, la dépendance n’a pas pour autant disparu. La production a été redéployée sur les villes alentours, la province du Hebei consommant à elle seule 307 millions de tonnes en 2011.Evidement le problème, c’est que les vents n’en font qu’à leur tête et que la pollution ne s’arrête pas au sixième périphérique de la capitale. Parmi l’inflation de maladies chroniques : 11 110 cas d’asthme et 12 100 cas de bronchites ont été signalés, dont une bonne partie à Pékin. Ce rapport vient donc ajouter aux angoisses des habitants des grandes villes baignées par des brouillards de particules. Lundi matin, l’index de la qualité de l’air atteignait ainsi 422 à Handan, sachant que le seuil critique a été fixé à 50 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un plan national contre la pollution

« L’airpocalypse » de janvier 2013 comme l’ont surnommé les internautes chinois a fait grimper ce même index jusqu’à 800 à Pékin. Le Conseil des Affaires d’Etats (NDLR gouvernement chinois) se devait donc de réagir. Le Premier ministre Li Keqiang a présenté vendredi dernier un plan de dix mesures visant à réduire les émissions industrielles polluantes de 30% par point de produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2017.

Un bon début, mais qui reste insuffisant selon Ma Jun, auteur d’une étude intitulée « le Big Bang nécessaire à combattre la pollution de l’air ». Sur les réseaux sociaux, certains internautes chinois qui en ont les moyens font aujourd’hui part de leur souhait de quitter la capitale note leSouth China Morning Post.


Dépêche

Mardi 18 Juin 2013 - 12:48



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