La population de Maiduguri "ne doit pas fuir face à Boko Haram"

Au lendemain des attaques menées par Boko Haram à Maiduguri et ses alentours, la vie a repris son cours, lundi, dans la capitale de l’État de Borno, au Nigeria. Malgré la menace, le gouverneur appelle la population à ne pas céder à la panique.



Le calme est revenu à Maiduguri, lundi 26 janvier, au lendemain d’attaques multiples sur la capitale de l’État de Borno  menées par des militants de la secte islamiste Boko Haram.

"Le couvre-feu [imposé durant 24 heures par l’armée] a été levé et les gens sont maintenant libres de leurs déplacements", confirme Mohammed Bolori, maire de Maiduguri de 1999 à 2003, dans une interview téléphonique avec France 24.

"Je viens juste de rentrer chez moi. La situation est calme maintenant à Maiduguri", a confirmé de son côté à France 24 Chumak, chef de la Civilian Joint Task Force (CJTF, milice civile) de Maiduguri. "Nous avons levé le couvre-feu et, en ce moment même, mes hommes sont en patrouille."

Opérations conjointes de l’armée et des milices locales

L’assaut des islamistes sur les faubourgs et l’aéroport de la grande ville de Maiduguri a été repoussé par l’armée nigériane et ses supplétifs de la CJTF. Leurs opérations aériennes et terrestres conjointes ont tué "de très nombreux" insurgés, a déclaré le porte-parole de l’armée dans la région.

Selon Bello Dukku, un journaliste local, plus d’une centaine de corps ont été dénombrés dans la plus grande morgue de Maiduguri. Il s’agit principalement de combattants islamistes, mais au moins 15 soldats et quelques civils figurent parmi les victimes. Une cinquantaine de personnes auraient également été blessées dans les combats.

Boko Haram "avance vers Maiduguri"

Maiduguri, ville d’un million d’habitants avant la montée de la menace Boko Haram, accueille désormais plus de la moitié des 4,1 millions d’habitants de l’État de Borno, selon une estimation établie en septembre 2014 par des notables de la ville.

Kashim Shettima, le gouverneur de l’État de Borno, a appelé les habitants de Maiduguri à ne pas céder à la "panique" en quittant la ville. "Il s’agit de notre terre. Ne cédez pas à la peur, ne fuyez pas, n’abandonnez pas", a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’antenne en langue haoussa de la BBC. "Notre histoire est vieille de plus de 1 000 ans et je jure devant Allah que nous allons vaincre", a-t-il lancé. "Je ne vais pas vous mentir. Des gens avancent vers Maiduguri. Ils sont contenus par l’armée à l’extérieur de la ville. (…) Nous devons les fouiller avant de les laisser entrer."

>> À lire sur France 24 : "Une coalition militaire régionale contre Boko Haram est-elle possible ?"

L’ancien maire Mohammed Bolori rappelle que "Boko Haram a attaqué Maiduguri à plusieurs reprises ces dernières années". "Dans toutes leurs vidéos, ils disent ‘nous arrivons’. Mais ils ont subi beaucoup de pertes dans les combats de dimanche. Peut-être ont-ils été affaiblis et qu’il leur sera plus difficile de se battre pour Maiduguri que par le passé." Un peu d’espoir et des victoires militaires face à Boko Haram, c’est ce qu’attendent les habitants du nord-est du Nigeria.

Combats pour la reprise de Monguno

Si Maiduguri n’est pas tombée, Monguno, située quelque 140 km plus au nord, est passée sous le contrôle de Boko Haram, dimanche en fin d’après-midi.

Monguno se trouve à 65 kilomètres de Baga, où Boko Haram avait abattu des centaines de civils les 7 et 8 janvier. Selon Amnesty International, une quinzaine d’autres localités avaient été brûlées lors de cette offensive, "la plus grande et la plus destructrice" jamais perpétrée par la secte islamiste.

"Quand Baga a été reprise [par Boko Haram], Monguno savait qu’elle serait la suivante", explique Moustapha Zannah, bâtonnier de Maiduguri actuellement en déplacement à Abuja, capitale fédérale du Nigeria. "Donc beaucoup d’habitants étaient déjà partis et il y a déjà beaucoup de réfugiés venus de Monguno à Maiduguri", assure-t-il à France 24.

L’armée de terre nigériane, appuyée par l’aviation, s’efforçait lundi 26 janvier de reprendre la ville et sa base militaire aux mains islamistes, indiquaient des services de sécurité.


France 24

Jeudi 29 Janvier 2015 - 12:07



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