La presse nigériane sous la pression de l'armée

Après avoir saisi les éditions de quatre journaux hier, l'armée a empêché, ce samedi 7 juin, la distribution d'un hebdomadaire dans plusieurs régions du pays, selon la direction du journal. L'armée se défend de toute censure et parle d'une « opération de sécurité » visant notamment les véhicules de livraison de journaux.



L'armée nigériane est sous le feu constant des critiques pour son incapacité à contenir l'insurrection de Boko Haram. REUTERS/Tim Cocks
L'armée nigériane est sous le feu constant des critiques pour son incapacité à contenir l'insurrection de Boko Haram. REUTERS/Tim Cocks

Le groupe de presse nigérian Media Trust a annoncé dans l'après-midi que « l'armée a empêché la distribution de son hebdomadaire Weekly Trust dans plusieurs régions du pays ». Cela s’ajoute aux arrêts des distributions du quotidien Daily Trust et de trois autres parmi les plus importants du pays : The NationThe Leadership et Punch.

Les soldats se sont introduits sur le principal site de distribution du Nation vendredi matin, dans la capitale fédérale Abuja. Ils étaient à la recherche de matériel dangereux et de munitions notamment dans les camions de distribution.

Au Weekly Trust aujourd’hui, les militaires n'ont trouvé « aucun élément compromettant », selon ses responsables, mais ils « ont tout de même empêché les commerciaux de distribuer » l'hebdomadaire. Le même type d'opération s'est produit au centre de distribution de Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, et dans d’autres régions du pays.

Le groupe de presse souligne qu'il a publié une enquête compromettante mercredi dernier dans son quotidien, accusant des généraux de l'armée d'occuper des locaux militaires pour un usage personnel.

Mais selon le porte-parole des armées, Chris Olukolade, ces assauts n'ont pourtant rien à voir avec le contenu des journaux. L'opération a été menée car ces convois sont soupçonnés d'être utilisés par des groupes armés pour transporter illégalement des armes. Aucun secteur en particulier n'est visé, affirme-t-il : « Nous avons aussi fouillé des ambulances ».

La presse critique l'armée

La presse nigériane ne fait pas de cadeaux à l'armée. Elle dénonce parfois des affaires de corruption impliquant les militaires et critique régulièrement son manque d'efficacité dans la lutte contre Boko Haram.

Et justement, pour contrer le groupe islamiste, les Etats-Unis vont financer en partie une chaîne de télévision en haoussa dans le nord du Nigeria. Elle devrait diffuser des comédies ou encore des émissions pour enfants. L’opérateur américain a déjà fourni des programmes financés par le département d'Etat au Yémen et au Pakistan. Les Etats-Unis qui se sont mobilisés comme de nombreux pays contre Boko Haram depuis l'enlèvement à la des lycéennes de Chibok.
 


Dépêche

Dimanche 8 Juin 2014 - 00:14



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