Latif Gomis après sa libération: « Comment j’ai été insulté de mère et torturé par les policiers ?»




Mis aux arrêts dans le cadre de la marche non autorisée de samedi avant d’être relaxé hier lundi, le « Y’en a marriste » se prononce sur ses conditions de détention au commissariat central où Latif Gomis dit avoir été insulté de mère, tabassé  et laissé en sang au fonds de la cellule.

 
« Tout s’est passé samedi dernier lors de la marche organisée par le collectif du littoral pour dire non au mur de la honte. La marche avait été interrompue par les policiers avec de  munitions à blanc et à gaz lacrymogène. Il s’en est suivi alors des arrestations. Ainsi plus de vingt (20) de nos camarades ont été arrêtées et conduits central. Lorsqu’on a arrêté mes camarades, je suis allé avec d’autres camarades vers 15 heures au niveau du commissariat central. Les policiers sont venus nous demander d’évacuer les lieux. Chose qu’on a faite sans rouspéter moi en dernière position. C’est alors qu’un policier m’a sommé de me dépêcher en m’insultant de mère. Je me suis retourné pour lui dire qu’il ne devait pas m’insulter. C’est là qu’un autre en civil m’a interpellé en me disant : « toi, on te demande de partir et tu ripostes ». Je lui ai rétorqué que je ne riposte pas, j’étais en train de m’en aller tranquillement quand il m’a insulté et je lui ai juste dit qu’il n’en avait pas le droit. Soudain, j’ai reçu une gifle de la part du policier, puis un coup de genou, ces autres collègues se sont rués sur moi. Ils m’ont asséné des coups de matraque à la tête. Le sang ciglait, mes habits en étaient rouge. Ils m’ont attrapé et amené dans les locaux du commissariat », dit Latif Gomis qui poursuit dans les colonnes du journal le populaire.
 

« Une fois à l’intérieur, j’ai été sur les carreaux et tabassé. J’ai même reçu une matraque électrique. Ils m’ont ensuite installé dans une cellule. Attiré par le sang qui ne cessait de dégouliner de mon visage, un policier s’est approché pour me proposer d’aller me laver la figure…Il m’a dit qu’il avait interdit aux gars de frapper les gens mais ils n’en font qu’à leur tête…Il m’a dit d’attendre l’arrivée des gars pour me faire conduire à l’hôpital car j’avais besoin de soins…Ils m’ont conduits à l’hôpital et m’ont fait soigner…Une fois revenu au commissariat, le commissaire a dit qu’on devait retourner à l’hôpital pour un autre papier que le médecin devait me délivrer…A l’hôpital, on nous a dit le médecin ne serait présent que le lundi…De retour au commissariat, on m’a remis un blouson qui avait la fermeture craquée avant de me remettre dans la cellule alors qu’ils avaient dit que j’allais être relaxé. Je n’avais même pas mangé car je me méfiais des policiers. J’étais tout le temps sur mes gardes.


La nuit du samedi au dimanche, vers 01heure du matin, des policiers m’ont réveillé pour me bastonner. Vers 03 heures, ils sont revenus m’interroger. Ils ont tout fait pour me faire inculper. Le lundi vers 09 heures, ils m’ont fait signer d’autres papiers puis m’ont embarqué dans un véhicule 4X4 pour m’amener au Palais de justice. Au parquet, ils ont tout fait pour me griller mais Dieu a mis sur mon chemin un procureur juste qui a été indulgent, a fait son travail convenablement et s’est penché du côté de la vérité ».
 


Mardi 15 Avril 2014 - 13:55



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