Les germes d’une profonde crise sociale

Le talon d’Achille de ces plans de relance est, selon Mamadou Moustapha Kassé, qu’ils ne permettront pas de relancer la consommation intérieure, mais va accentuer les déficits budgétaires.



Professeur Mamadou Moustapha Kassé
Professeur Mamadou Moustapha Kassé
La particularité de cette crise par rapport aux autres comme celles de 19429, 1960, 1980, 1990, la crise asiatique, c’est que jamais le monde ne l’a connu depuis 1929. «Elle est aussi profonde et sera sans commune mesure du point de vue de ces conséquences sociales. Elle est financière, économique et va déboucher par une crise sociale. Remise en question des ordres politiques», a expliqué l’économiste.

Revenant sur les plans de relance ébauchés ça et là dans les pays développés pour contrer la crise et qui drainent des sommes faramineuses, le conseiller spécial du chef de l’Etat chargé des affaires économiques a estimé que «tout cet argent dont nous parlons, c’est le contribuable qui va payer alors qu’il a été tellement pressé qu’il n’a plus rien».
Mamadou Moustapha Kassé a, en outre, situé les origines de la crise qui selon lui, se déclenche toujours dans la sphère financière. «Si nous suivons bien ce qui s’est passé, il s’est constitué un méga marché de l’argent depuis quelques temps. Et ce marché est caractérisé par trois phénomènes basés sur le système 3D : désintermédiation, déréglementation, et dérèglement. Un décloisonnement total qui a permis la libre circulation des capitaux, la démultiplication des instruments financiers», a-t-il ajouté.
Le conférencier de faire savoir que c’est ainsi qu’est née une sphère spéculative sans une grande relation avec une migration de capitaux que les échanges ne conditionnent pas. «La sphère financière n’a pas une trop grande autonomie parce qu’elle a une logique de déploiement spéculative. La crise est partie des marchés de spéculation immobilière. La crise n’a ainsi, épargné aucun secteur», a indiqué Mamadou Moustapha Kassé.


Dimanche 7 Décembre 2008 - 20:10



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