Les pistes de l'Union africaine pour en finir avec Boko Haram et Ebola

Lors de la cérémonie d’ouverture du conseil des ministres de l’Union africaine (UA), lundi 26 janvier, à Addis-Abeba en Ethiopie, la présidente de la Commission de l’organisation, Nkosazana Dlamini-Zuma a appelé les Etats africains à réagir collectivement contre la menace Boko Haram. Par ailleurs, c'est une mesure économique qui a été évoquée pour aider les pays touchés par Ebola.



Nkosazana Dlamini-Zuma, le 15 octobre 2012 à Addis-Abeba. REUTERS/Tiksa Negeri
Nkosazana Dlamini-Zuma, le 15 octobre 2012 à Addis-Abeba. REUTERS/Tiksa Negeri

Nkosazana Dlamini Zuma ne fait traditionnellement pas de commentaires très politiques dans son discours d’ouverture mais la présidente de la commission de l’Union Africaine a fait une entorse à ses habitudes car l’heure est grave. « Si cette menace n’est pas contenue, nous serons tous en danger. Il est temps d’agir, d’agir collectivement » contre Boko Haram, a-t-elle tenu à souligner, donnant ainsi le ton de la réunion.

Ce n’est ni un problème local ni même purement régional, c’est bien le message qu’a voulu faire passer la présidente de la Commission qui dit avoir multiplié les consultations avec les Etats membres, les organisations sous-régionales et d’autres partenaires. Pour le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Carlos Lopes, qui a ensuite pris la parole, face à la montée de l’extrémisme religieux comme Boko Haram, les Shebab ou Aqmi, la réponse à apporter « n’est pas que politique mais aussi économique ». Carlos Lopes a souligné que ces menaces sécuritaires étaient notamment « le résultat d’une incapacité à créer de l’activité pour les populations des régions concernées. Une instabilité qui a aussi un coût élevé pour le continent où la menace terroriste est perçue comme un risque pour les investisseurs », a-t-il précisé.

La lutte contre Boko Haram, ce sera le grand thème du conseil de paix et de sécurité du 29 janvier à Addis-Abeba. C’est là que doit être défini un agenda anti-Boko Haram avec au programme, le déploiement sur le terrain d’une vraie force multinationale et la création d’un fonds spécial pour financer cet effort de guerre. Hier, après le discours de Nkosazana Dlamani-Zuma, le ministre nigérian des Affaires étrangères n’a voulu faire aucun commentaire. Le Nigeria acceptera-t-il une force internationale sur son territoire ? Rien n’est joué (Lire notre encadré).

Annuler la dette des pays touchés par Ebola

D'Ebola il a aussi été question lundi à Addis-Abeba. Pour Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, l’une des solutions pour permettre au Liberia, à la Sierra Leone et à la Guinée de se relever, c'est d’annuler la dette extérieure de ces trois pays touchés par le virus. Cela ne coûterait que 3 milliards de dollars à la communauté internationale, affirme-t-il, et cela serait une énorme bouffée d’oxygène pour ces pays qui tournent autour d’une croissance zéro.


Rfi.fr

Mardi 27 Janvier 2015 - 10:09



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