Les progrès notables du Rwanda dans le long combat contre le Sida

Au Rwanda, les politiques publiques en matière de lutte contre cette maladie sexuellement transmissible semblent porter leurs fruits, à en croire les chiffres. Parmi les mesures mises en place, des kiosques de distribution gratuite de préservatifs. Les personnes qui s'y présentent semblent à l'aise.



Le Rwanda a fait depuis plusieurs années de grand progrès en matière de lutte contre le VIH. En cause, une politique volontariste : par exemple, selon ONUSida en 2014 au Rwanda, plus de 95 % des femmes enceintes vivant avec le VIH ont eu accès à des médicaments antirétroviraux permettant de prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant.
 
De nombreuses campagnes de prévention sont conduites par les autorités. Le taux de prévalence national est stabilisé autour de 3%. Il est cependant plus élevé à Kigali car il atteint les 6,3%. De fait, depuis mai dernier, le gouvernement rwandais, en partenariat avec une ONG américaine, a installé des kiosques dans la capitale rwandaise qui fournissent gratuitement des préservatifs aux habitants qui le souhaitent.
 
C’est un petit kiosque blanc et bleu en préfabriqué d’environ un mètre carré, installé en face du stade national. Il est l’un des quatre kiosques pilotes mis en place par le gouvernement dans des lieux stratégiques de la capitale. « Comme vous le voyez il y a beaucoup de cabarets, des hôtels. A partir de 17h, 18h ici vous trouvez du monde qui vient boire, et beaucoup de travailleuses du sexe », explique Jean-Pierre Ayingoma est un agent du RBS, le Centre biomédical rwandais.
 
A l’intérieur du kiosque ouvert 24h/24, Catheline montre le registre dans lequel elle note ses distributions de préservatifs gratuits. En moyenne, une quarantaine de personnes vient chaque jour avec des pics d’affluence le week-end.
 
« Ils ne sont pas intimidés, ils viennent prendre des préservatifs en toute confiance. »
En effet, en moins de 15 minutes, alors que nous sommes en pleine journée sur le trottoir d’une artère fréquentée de la ville, quatre jeunes hommes viennent s’approvisionner. Leur argument, la gratuité des préservatifs. Mais l’un d’eux assure aussi se sentir plus à l’aise avec ce système.
 
« Ici, lorsque je viens chercher des préservatifs, je n’ai aucun commentaire gênant de la personne qui me sert. Tandis que parfois dans les pharmacies ou les boutiques, on peut me demander : c’est pour quoi ces préservatifs ? »
 
Le gouvernement espère que ces kiosques vont aider à atteindre l’objectif que le pays s’est fixé, à savoir une réduction de 75% des nouvelles infections d'ici à 2018 par rapport au niveau de 2013.

Rfi.fr

Jeudi 1 Décembre 2016 - 06:51



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