Libye: émotion après l'assassinat du jeune blogueur Tawfik Bensaud

En Libye, les militants des droits de l'homme expriment leur consternation et leur vive inquiétude après l'assassinat de neuf personnes, des policiers et des activistes de la société civile à Benghazi, vendredi. Parmi les victimes se trouve Tawfik Bensaud, jeune militant et blogueur.



Funérailles du jeune Tawfik Bensaud, militant des droits civiques, assassiné à Benghazi, le 20 septembre 2014. AFP/Abdullah Doma
Funérailles du jeune Tawfik Bensaud, militant des droits civiques, assassiné à Benghazi, le 20 septembre 2014. AFP/Abdullah Doma

« Les mots me manquent, je ne sais que dire » témoigne Aladdin Attiga, ami de Tawfik Bensaud. Agé de 18 ans, le jeune garçon a été assassiné le 19 septembre à Benghazi. Blogueur et militant des droits de l'homme, Tawfik Bensaud était très actif sur les réseaux sociaux  sur lesquels il témoignait régulièrement sur l'escalade de violence  que connait Benghazi, sa ville, ces dernières années. Il a été tué par des inconnus armés alors qu'il rentrait à son domicile. Il était en compagnie d'un autre jeune activiste, Sami El-Kawafi. 

Pour Aladdin Attiga, ce meurtre est un drame de plus dans les heures très noires que connaît la Libye. « La Libye est en train de s’éteindre, personne n’y accorde aucune importance ! Le pays traverse les heures les plus sombres de son histoire et ils sont en train de tuer tout ce qui faisait sa beauté. Ils ne veulent pas que nous survivions… Je suis en état de choc, je n’arrive pas à trouver les mots qui rendraient justice à Tawfik, se désole Aladdin Attiga. Nous devrions avoir honte d’en être arrivés là. C’est triste et honteux pour nous tous. Nous sommes en quelque sorte tous coupables, y compris ceux qui l’aimions. Il était seul ; beaucoup d’entre nous avons quitté le pays et nous l’y avons laissé seul. Il est resté là-bas ».

La deuxième ville de Libye est en proie à de violents affrontements qui opposent milices islamistes aux forces du général Khalifa Haftar. A Tripoli, la capitale, où s’affrontent également des milices rivales, le gouvernement ne contrôle plus rien. Début septembre, le gouvernement s’est délocalisé à Tobrouk (est du pays) en raison du climat de violence et c’est à Tobrouk que le gouvernement de transition, conduit par Adballah al-Theni, a présenté sa démission début septembre puis soumis à l’approbation des députés un nouveau cabinet de 17 septembre.


Rfi.fr

Dimanche 21 Septembre 2014 - 09:21



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