MACKY ET LES LOCALES



Jamais locales n’auront représenté autant d’enjeux pour un président coincé entre un parti de naissance prématurée qui doit grandir et murir vite, des alliés qui se taisent car la bouche qui mâche n’a pas le temps de parler et qui en profitent aussi pour régler leurs  comptes politiques ,  (ce qui du reste arrange bien MACKY ) et des enjeux électoraux lourds d’incertitudes pour la suite de sa propre carrière politique.
Aujourd’hui, il faut bien qu’on se le dise : M. Birahim SECK l’a d’ailleurs, avec courage et lucidité réaffirmé lors d’un débat télévisé dernièrement ; ceux qui entourent  MACKY doivent lui dire en toute courtoisie, que la voie dans laquelle il nous mène nous  conduit tous  droit dans le mur.


Nous autres citoyens, notre déception est grande, et notre frustration engendre un dépit qui nous motive chaque jour davantage à adopter une position de défiance envers les petits actes que MACKY pose, et l’hypocrisie ambiante qui caractérise ses propos quand il fait dans la langue de bois.
Il sait très bien que l’acte III de la Décentralisation est  inscrite sous le sceau d’un deal politicien de bas étage,  sur fonds de règlement de compte politique, comme annoncé plus haut,  dont les conséquences selon ses perfides calculs serviront ses intérêts.


En effet, en décidant de supprimer la Mairie de Dakar, il est en train d’armer TANOR contre KHALIFA SALL, le maire sortant. Il s’agit pour lui d’enlever à un adversaire potentiel aux échéances présidentielles prochaines, le formidable strapontin que constitue la mairie de Dakar, où il réalise des choses intéressantes.
Il faut l’affaiblir selon les instigations de TANOR. Il faut permettre à ce vieux politicien de régler une succession orientée fortement contestée par la majorité des militants, dans son Parti. Déjà, il avait bloqué les renouvellements, en attendant ce coup de Jarnac.


Jamais dans l’histoire politique de notre pays, on n’a vu une loi qui engage autant l’avenir politique de notre pays être orientée vers des objectifs ciblés dans le temps et dans l’espace, contre des citoyens bien connus.
MACKY a réussi cette gageure.


Car pour lui, les locales sont un enjeu qui lui donne des palpitations et le prive de ses moyens.
Dans ses pensées, il a la conviction que si jamais il perd les locales, il perdra le pouvoir, en 2017. D’où sa conclusion qu’il ne doit pas se louper à ce coup ci. D’où aussi ses élucubrations et combines traduites en loi promulguée subrepticement par ses soins.


Il est clair que MACKY ne se prononcera sur la réduction de son mandat qu’après les Locales.
Si par extraordinaire il les remporte en réussissant le coup de faire passer sa réforme-qui  bat le record de contestation nationale d’une loi- il réduira son mandat, car KHALIFA aura été éliminé, et les autres groupes politiques qui composent BENNO BOK YAAKAAR sont au garde  à vous devant les trentaines de millions qu’il leur sert mensuellement, sans compter tous les postes gracieusement rétribués.


Quand on est uniquement intéressé par le pouvoir, on se suffit de le partager, sans en endurer les aléas.
Ce ne sont pas eux en effet qui vont au charbon ou qui défendent l’action du gouvernement ; ils sont trop occupés à jouir de leurs privilèges et à publier sur Facebook les  photos de leurs escapades à l’extérieur du pays.


MACKY ne réduira donc son mandat que s’il remporte les Locales.
Sinon, il ira au terme des  07 ans, en politisant davantage la gestion du pays, envers et contre tout.
C’est la raison pour laquelle MACKY hésite et hésite encore. La loi sur l’acte III est promulguée, mais il n’a pas encore le courage de le publier dans le journal officiel.


La théorie qu’on lui a servie antérieurement l’avait convaincu, mais dans la pratique, il en perçoit chaque jour les limites objectives bien soulignées par la vague de contestation qui enfle au fur et à mesure que les populations découvrent l’ampleur du machiavélisme   de cette loi à la base de l’élimination entre autres des régions du paysage institutionnel de notre pays, et de l’élimination des mairies de ville.


Aujourd’hui, MACKY est coincé : son beau frère est loin d’être assuré de passer à Saint louis, les copains et les épouses et époux de sa femme nommés un peu partout n’ont ni le poids ni l’envergure pour s’imposer dans leurs patelins ; Guédiawaye ne veut pas de son frère, et dans les autres endroits, il sera obligé de composer avec ses alliés qui lui concèdent tout, sauf la gestion de leurs propres intérêts. Et Dieu sait que leur silence et leur appui de façade en coute autant à MACKY, à son parti qu’au pauvre contribuable sénégalais.


Cela en fait trop dans la tête d’un homme de la trempe de MACKY : incapable de décider, de trancher, recroquevillé sur le fauteuil président au point de développer une relation névrotique avec sa fonction tellement il a besoin tout le temps de se prouver à lui même qu’il est le président pour de vrai, il se trouve pour la première fois de sa courte carrière confronté à un problème qu’il s’est lui-même créé dans son imagination et qui nous vaut tous nos déboires qui nourrissent la complainte nationale : le pays va à vau l’eau.


Ce problème, c’est sa réélection : cela l’occupe tellement qu’il en oublie de se mettre au travail durant ce mandat. Il y pense tellement qu’il est train de louper celui-ci, en posant les jalons qui le priveront d’un second mandat s’il avait l intelligence de s’entourer de compagnons sincères compétents et dévoués à sa cause.
Les citoyens sénégalais attendent sagement les élections, et il le sait. D’où son drame cornélien : faire le forcing et organiser les élections, après les avoir reportées à fin novembre ou bien remettre à plat la réforme et obtenir un consensus, ce qui signifie désavouer dans les faits le plan machiavélique de TANOR et compagnie ?


Le choix est simple à faire : il s’agit de respecter sa parole. Et ses engagements.
Car le peuple sénégalais le mérite, assurément.
 
Cissé Kane NDAO
Président de l’Alliance Démocratique pour la République
A.DE.R.


Jeudi 6 Février 2014 - 13:56



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