Macky Sall et ses alliés : Radioscopie d’une implosion programmée

Les alliés du président Macky Sall se rebiffent. Ils multiplient les attaques et mettent à nu les carences et failles du pouvoir en place. Après le Parti socialiste (PS), la Ligue démocratique (LD) joue dans le même registre. Au moment où le président de l’Alliance de la République (APR) rassure sur les rapports avec ses alliés, les démembrements des partis alliés décochent quasiment chaque semaine des flèches venimeuses qui empoisonnent leurs relations mais aussi éventuellement accentuent les avis très mitigés des populations vis-à-vis de Macky Sall et son gouvernement.



Ça sent le roussi entre l’Alliance pour la République (APR) et ses alliés. Plus les échéances électorales se rapprochent, plus on voit d’attaques en règle venant de partis alliés. Ils se démarquent déjà par rapport à certaines pratiques et actes du gouvernement. Si les leaders jouent le jeu et sauvent la face auprès de Macky Sall, ce n’est pas le cas pour les jeunes ou les structures affiliées.

La Ligue démocratique (LD) n’a pas mis de gants lors d’une conférence nationale tenue ce week-end. Elle s’est démarquée de toute idée qui fait l’apologie de la transhumance. «La Ligue Démocratique  appelle le Président de la République à éviter de promouvoir la transhumance comme instrument politique, mais plutôt à engager une transformation de la pratique politique au Sénégal, adossée à des valeurs positives, et qui contribue à renforcer la crédibilité et à donner un sens à l’engagement militant, au seul service du pays». Elle a aussi noté «des insuffisances et des lenteurs dans les réformes et ruptures attendues par le peuple. Dans ce sens, il est impératif d’engager des mesures visant à équilibrer les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif. De même, la considération de l’éthique et du comportement responsable dans le champ politique s’imposent à tous les acteurs».

Les camarades de Mamadou Ndoye ont semblé juste suivre la voie tracée par le PS qui depuis quelques temps se signale par des attaques en règle contre le pouvoir en place. En réunion politique le week-end du 18/19 avril à la maison du Parti, les socialistes ont déclaré clairement : «On ne peut pas considérer la transhumance comme une mobilité professionnelle, comme l’a semblé dire le président de la République. Nous sommes désolés, on ne peut pas faire cette comparaison». Moussa Bocar Kane de faire remarquer que ce sont des propos «déplorables». Car, en politique, a-t-il ajouté, «il y a un minimum d’éthique, de rigueur» qu’il faut avoir.

Un peu avant Jeunesse pour la Démocratie et le Socialisme (JDS) a tiré à boulets rouges sur Macky Sall et son gouvernement. «Notre pays s’enlise dans l’immobilisme du fait des carences manifestes qui symbolisent le régime de Macky Sall qui fait du Wade sans Wade », avait le coordonnateur de la JDS, Babacar Diop. Et de poursuivre : «les slogans les plus beaux ont pris le dessus sur la compétence et les possibilités réelles du pouvoir actuel à respecter les engagements et à satisfaire les préoccupations exprimées par les populations».
 
Malgré ces critiques acerbes, ces formations politiques où du moins leurs leaders continuent de réaffirmer leur allégeance à Macky Sall. Les socialistes disent être fidèles au compagnonnage avec l’APR. Au sein du parti présidentiel, des voix ne cessent de s’élever pour une séparation avec les alliés récalcitrants qui s’en prennent souvent à l’Etat.
 

Jean Louis DJIBA

Lundi 27 Avril 2015 - 12:03



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