Madagascar: le président conteste sa destitution

Le vote de la destitution du président risque de replonger Madagascar dans une crise politique, 18 mois après l'élection de Hery Rajaonarimampianina à la tête de la Grande île. Les députés malgaches ont voté, mardi soir, en faveur de sa destitution et il revient à la Haute Cour constitutionnelle de valider ou non ce résultat. Ce mercredi matin dans la capitale, c’est pourtant un président serein qui s'est exprimé.



Hery Rajaonarimampianina s’est adressé à la presse en présence de Jean Ravelonarivo, son Premier ministre et de l’ensemble de son gouvernement pour montrer qu’il n’est pas seul. « Je veux rassurer la population malgache et la communauté internationale. Je suis là en tant que président de la République élu pour exercer ma fonction ». Le président s’en remet à la Haute Cour constitutionnelle et ne semble pas s’inquiéter. Il n’envisage pas de dissoudre l’Assemblée nationale comme on aurait pu s’y attendre. La priorité pour lui, c’est la stabilité et la réconciliation nationale, même s’il accuse les députés de corruption et d’irrégularités.


Le président Hery Rajaonarimampianina a passé une partie de son allocution à renvoyer les torts dans le camp des députés. Il a par exemple déclaré que les députés ont privilégié leur intérêt personnel. Il les accuse directement et très clairement d’avoir cédé aux mallettes de billets qui ont pu tourner dans les rangs de l’Assemblée et aux stratégies de bourrage de l’urne. Il accuse de manière générale la corruption qui règne à l’Assemblée nationale et qui est un secret de Polichinelle. Il se donne le beau rôle en affirmant que, lui, n’est jamais entré dans cette logique, qu’il n’a jamais accordé d’avantages aux députés au-delà de ce que leur fonction prévoit.


Finalement, il fait la leçon aux élus de l’Assemblée nationale, mais lui ne répond pas vraiment aux griefs qui lui sont faits. Malgré cela, Hery Rajaonarimampianina tient un discours rassembleur. Il veut que « les Malgaches se donnent la main pour développer le pays ». Les députés frondeurs ne l’entendent sans doute pas de cette oreille et ils doivent déposer la requête cet après-midi à la Haute cour constitutionnelle. La HCC devrait se prononcer dans les jours qui viennent sur cette tentative de déchéance du président de la République.

Rfi.fr

Mercredi 27 Mai 2015 - 14:19



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