Madagascar: les forces de l'ordre appellent au calme

Le pays attend l'avis de la Haute Cour constitutionnelle sur la destitution du président de la République. Une destitution réclamée par une majorité de députés à l'Assemblée nationale mais qui doit encore être validée ou bien rejetée par la HCC. Face à la crise institutionnelle que traverse le pays, l'armée affiche sa neutralité et son attachement au respect de la Constitution. Les chefs des forces de l'ordre affirment qu'ils se soumettront au verdict de la Cour.



Une députée malgache discute avec un officier des forces de l'ordre lors du vote appelant à la destitution du président, le 26 mai 2015. AFP PHOTO / RIJASOLO
Une députée malgache discute avec un officier des forces de l'ordre lors du vote appelant à la destitution du président, le 26 mai 2015. AFP PHOTO / RIJASOLO

Rassemblés samedi 30 mai au matin pour une conférence de presse, les hauts gradés en treillis serrent les rangs derrière le ministre de la Défense. Dans cette période de flottement institutionnel, le général Dominique Rakotozafy appelle au calme.

« Nous avons exhorté les citoyens malgaches à être sereins  et à continuer leurs activités quotidiennes en attendant la sortie de la décisions de la Haute Cour constitutionnelle. »

La décision de la HCC n'est pas encore sortie mais le ministre rappelle qu'elle devra être appliquée : « tout le monde, dans une démocratie, doit s’y soumette ». Le ministre lance aussi un appel aux politiciens, pour qu'ils ne commettent pas de provocations. Et aux militaires, pour qu'ils assurent leur rôle dans le respect des lois et de la discipline.

Pour le général Paza, secrétaire d'Etat à la gendarmerie, l'armée ne doit plus s'ingérer dans les affaires politiques.

 

« Des fois, on utilise les militaires pour accéder au pouvoir. Mais après on oublie toujours les militaires. On les fout même en taule après. On ne veut plus de ça, on ne veut plus de ça. Nous sommes là pour garantir la neutralité de l’armée »

Neutralité et cohésion. Mais hors micro certains confient que la politique continue de diviser et de créer des frustrations au sein de l'armée. Car des militaires trop liés aux régimes précédents  ont été écartés du commandement. Et comme en politique, ils espèrent bien revenir.

Dans cette crise que traverse le pays, le commissaire Paix et sécurité de l'Union africaine, Smaïl Chergui, se veut très prudent et craint pour la stabilité de Madagascar :

« Evidemment, nous ne sommes jamais contre le jeu des institutions. Donc il y a eu ce vote au niveau du Parlement, mais nous en appelons quand même au sens des responsabilités de tous les intervenants à Madagascar, pour avoir à l’esprit que aller vers une autre élection présidentielle et une autre transition serait évidemment très coûteux pour la stabilité du pays, pour l’économie du pays. Et je crois qu’ils ont déjà assez défis à relever comme ça.

Donc j’espère que cet appel, c’est surtout pour dire qu’il faut préserver la stabilité du pays. Il faut tout faire pour que les acquis de ces derniers mois ne soient pas perdus. J’espère que la HCC examinera cette question sous tous les angles et qu’elle permettra donc au pays de continuer à fonctionner normalement. » 


Rfi.fr

Dimanche 31 Mai 2015 - 07:08



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter