Mali: le maire de la commune d'Aderanboukane succombe à ses blessures

Le maire de la commune d’Aderanboukane, dans le nord du Mali, a succombé à ses blessures ce samedi 3 janvier. Aroudeiny Ag Hamatou était tombé dans une embuscade jeudi après-midi sur une route près de Ménaka. Transporté dans un premier temps à Gao pour être soigné, il est décédé lors de son transfert sanitaire vers Bamako. Son chauffeur avait été tué lors de l'attaque menée par des hommes non identifiés.



Aroudeiny Ag Hamatou, maire de la commune d'Aderanboukane, en 2005. RFI/Christine Muratet
Aroudeiny Ag Hamatou, maire de la commune d'Aderanboukane, en 2005. RFI/Christine Muratet

Pour accueillir le corps d’ Aroudeiny Ag Hamatou ce samedi à l’aéroport international de Bamako, les visages étaient graves. Parmi les présents, le général Sada Samaké, ministre malien de la Sécurité et Bajan Ag Hamatou, député de Ménaka et frère aîné du défunt.

Quelques heures plus tôt, à Gao dans le Nord, le maire d’Aderanboukane embarquait sur une civière à bord de l’avion de la mission de l’Onu au Mali, qui assurait son évacuation vers la capitale malienne, pour y être soigné. Il décédera pendant le transfert.

Un bâtisseur de la commune d'Anderanboukane

A Bamako, les domiciles de Bajan Ag Hamatou et du colonel Guischma, respectivement frère aîné et parent par alliance du défunt ne désemplissent pas : hommes politiques, ressortissants du Nord, diplomates, et représentants de l’Etat, passent pour présenter les condoléances. L’inhumation d'Aroudeiny Ag Hamatou aura lieu ce dimanche à Bamako.

L’illustre disparu est considéré comme un grand bâtisseur de la région de Ménaka, plus précisément de sa commune Anderanboukane. Chaque année, avant la crise du Nord, il y organisait un magnifique festival, qui attirait du monde. Sa commune était jumelée à Laxou, ville située au nord-est de la France. Ce jumelage permettait via la coopération décentralisée, d’aider sa communauté, la grande tribu des touareg des Ouliméden.

Parmi eux, certains préviennent : après le temps du deuil, il y aura le temps des explications. 

Aroudeiny Ag Hamatou était tombé dans une embuscade

Le 1er janvier, Aroudeiny Ag Hamatou quittait Ménaka pour sa commune située à 107 Km plus au nord. Après les 30 premiers kilomètres, son véhicule tombait dans une embuscade tendue par des hommes armés circulant à moto. Trois passagers, dont l’élu, sont blessés. Le lendemain, le premier passager décède de ses blessures. 

Qui a commis ce crime ? Certains attribuent l’embuscade au Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, le Mujao. Le Mujao n’a pas revendiqué l’acte.

En tout cas, pour des proches du disparu, ce crime ne restera pas impuni.

D'autres soulignent par contre que continuer à aider le développement de sa commune est le meilleur hommage qu’on puisse rendre à l’homme qui a flirté un tout petit moment avec le MNLA, avant de devenir un fervent loyaliste. 


Rfi.fr

Dimanche 4 Janvier 2015 - 11:08



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