Monsieur le président Macky SALL, inutile de prolonger l’agonie de Benno Bokk Yakaar !



Monsieur le président Macky SALL, inutile de prolonger l’agonie de Benno Bokk Yakaar !

L’instant d’agonie est généralement si grave et si effrayant que, même devant celui de son pire ennemi, on hésiterait à sourire. Toutefois, l’agonie de cette coalition que nous avons souvent qualifiée de douteuse fait pouffer de rire. Certains de ses tanor, au temps (autant) pour moi… certains de ses ténors y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux et le manifestent haut et fort, d’autres aiguisent leur appétit politicien égoïste dans un silence assourdissant. C’est le proverbe guadeloupéen qui dit : « Votre agonie est longue, votre mort est certaine. » Celle de Benno Bokk Yakaar commence à être longue à cause du jeu de cache-cache auquel s’adonnent ses différents membres cependant, ils savent tous que sa mort est certaine et imminente. Qu’est-ce qui peut bien justifier autant d’hypocrisie?

Monsieur le président, au lendemain de votre prestation de serment, constatant la forte présence sous la tente de ceux qui ont toujours participé de manière active et visible au saccage de notre patrimoine commun, le Sénégal, et qui semblaient vouloir usurper de nouveau la victoire du peuple contre votre prédécesseur,  nous avions publié un article de presse dans lequel,  nous tenions à attirer votre attention sur ce que disait Mao : « Les masses sont les véritables héros, alors nous-mêmes, nous sommes souvent d’une naïveté ridicule ».

Malheureusement, les masses, véritables héros, n’ont jamais leur place sous la tente ni dans les lieux où de faux dévots décident souvent de leur sort. Mais attention car à force d’oublier que la victoire de mars 2012 est celle de ces masses populaires contrairement à ce que certains essaient de vous faire avaler, cela peut conduire à la création d’un grand fossé entre vous et votre peuple. Tous ces charlatans sont des usurpateurs qui œuvrent et manœuvrent méticuleusement pour voler l’espoir de tout un peuple à des fins individualistes.

Si vous continuez à vouloir les écouter au détriment du peuple, vous serez considérer comme eux, c'est-à-dire comme un comploteur qui s’en fout de l’intérêt général. Votre slogan « gagner ensemble gouverner ensemble » n’est que de la supercherie politicienne, le peuple n’a pas élu une coalition, il a élu un homme. Si c’est pour chercher des justifications à l’heure du bilan que vous le faites, sachez qu’à la fin de votre mandat, le peuple vous tiendra comme l’unique responsable de votre gestion quelle que soit sa nature.

Votre première erreur fut celle d’avoir accepté que d’anciens candidats à la présidentielle de 2012 vous annexent au point de vous exiger des quotas de ministres à prendre dans votre équipe. Ces anciens candidats n’ont pas fait mieux que d’autres vaillants citoyens dans la lutte pour le départ de Wade. Au nom de quelle légitimité certains citoyens sénégalais peuvent-ils se donner le droit de vous exiger des individus à recruter comme ministre, directeur général, PCA etc. ?  Qui vous a élu pour un partage du gâteau irrespectueux, aux antipodes de la démocratie et du bon sens?

Aujourd’hui’ les rapports de force au sein de l’hémicycle encouragent beaucoup plus une prolifération de deals politiques sur le dos des populations qu’une véritable rupture dans la prise en charge de ses missions de contrôle de l’exécutif, de proposition et de vote serein et utile de lois en faveur d’une émergence économique et social du pays. Nous avons une assemblée nationale biaisée. Le peuple gagnerait à ce qu’elle soit dissoute au bout de ses deux premières années d’existence. Vous devez penser à sa dissolution afin de réorganiser une élection qui permettrait aux différentes composantes de l’espace politique et citoyen de se peser, au plan des idées et du nombre, de manière plus honnête et transparente

A cause de ce slogan « gagner ensemble gouverner ensemble », aujourd’hui, nous ne pouvons avoir aucune lecture claire et sérieuse sur ce que représente beaucoup de partis politiques au Sénégal, sur leur apport réel dans sa démocratie et son développement.

Les partis prolifèrent comme des champignons parce que les entrepreneurs politiques savent qu’ils peuvent toujours s’agripper, comme des plantes parasites, à des coalitions trompeuses comme Benno Bokk Yakaar ; leur mode d’évolution est semblable à celle des guis, cuscutes, strigas et autres orobranches  qui constituent de véritables  dangers à cause de leur vie parasitaire qui impacte négativement sur le rendement de nombreuses cultures vivrières.

Ces entrepreneurs politiques de tous les temps et de tous les régimes, très ingénieux dans les techniques de création de partis et trop forts en tactiques de transhumance sont aussi nuisibles à notre patrimoine économique et culturel que ces plantes parasites aux cultures vivrières.

Et l’un des moyens pour remédier à ce phénomène serait, peut être, d’envisager dans les réformes de notre système politique la limitation des partis selon des critères de sélections basés sur leurs résultats aux élections. Tout parti qui refuserait de se peser en allant aux élections sous sa propre bannière devrait être dissout ou transformé en mouvement de soutien en faveur de celui qui lui sert de locomotive. Tout parti qui va aux élections sous sa propre bannière  sans atteindre un certain niveau de résultat devrait être rayé de la carte. Nous ne le disons pas pour réveiller l’hilarité du lecteur ni pour un retour au parti unique ; nous pensons simplement, au risque de nous tromper, qu’une bonne démocratie doit reposer sur des piliers qui encouragent le travail et la transparence  au détriment du parasitisme et du nébuleux. Un toilettage de la scène politique est présentement nécessaire ; plus de cent partis dans un petit pays comme le notre est une aberration.  Si cela continue, nous aurons, sous peu, un pays où se côtoieront autant de leaders de parti que de simples militants.

Monsieur le président, cette coalition vous a poussé, au début de votre gouvernance, à vouloir mixer une partie des recommandations des assises nationales avec votre propre programme ; ce mariage fut aussi une erreur grave car vous l’aviez « célébré » dans l’improvisation, l’impréparation, la précipitation et sous une forte pression de vos alliés. Au second tour, vous vouliez vous attirer l’électorat (réel ou imaginaire) des assises nationales. Raison pour laquelle vous aviez accepté une chose à laquelle vous ne croyiez guère au moment de son élaboration. Une fois élu, vous avez essayé de montrer que vous étiez dans les disposions pour le respect de votre parole donnée. Toutefois cette cuisine aussi, vous l’avez lamentablement ratée.

Lorsqu’on n’a pas la foi en quelque chose, inutile de forcer. Vous deviez vous assumer sans hésitation dès le début de votre magistère et ne point passer votre temps dans une « naïveté d’autruche ». Certainement, l’une des raisons pour lesquelles, votre premier ministre actuel a tenté de poser, sans détour, les déclinaisons du Yoonu Yokkute lors de sa déclaration de politique générale montrant ainsi votre réelle option en matière de programme de gouvernance.

Benno Bokk Yakaar suffoque, soliloque et, en dehors de quelques uns de ses membres qui osent vous dire le fond de leur pensée, comme ce leader qui attira votre attention sur le caractère de milice politique très dangereux et tout à fait incompréhensible dans un pays organisé comme le notre que pourrait revêtir votre agence d’assistance à la sécurité de proximité si on y prend garde, les autres vous caressent, le plus souvent, dans le sens du poil en guettant votre dos pour y planter, à la première occasion, leur « épée politicienne traitresse ». Inutile de prolonger l’agonie de ce machin ! Une quelconque prolongation de ce jeu de dupe n’est ni dans l’intérêt des populations ni dans le votre. En politique, on ne prête pas ses forces. Il faut y mettre un terme et savoir qu’autant vous que les autres, vous poursuivrez le même objectif lors des prochaines présidentielles. Vous ne vous ferez pas de cadeau.

Cette coalition ne fait que bavarder alors qu’elle devait travailler pour solutionner les difficultés des populations ; jusqu’ici, en dehors des bonnes intentions, des vœux pieux, rien ne bouge véritablement parce qu’on se perd tous sur votre vision plongée dans les labyrinthes des explications souvent insensées données par les pensionnaires de votre camp qui agissent en véritable armée mexicaine en oubliant, comme disait Marie Hélène Westphalen, que la communication n’a rien d’une science miraculeuse. Elle ne permet pas de travestir la réalité.

Quand « six cent débatteurs » cherchent à convaincre coûte que coûte, ça devient de la paranoïa collective ou ça aboutit à des empoignades insolites de gladiateurs en direct des plateaux de télévision. Ça recèle immanquablement du « mensonge sérieux et grave », du « mensonge à cheveux blanc », du mensonge sans état d’âme, avec quelques « velléités de vérité » pour bien réussir l’accouchement toujours douloureux de l’amalgame.  Notre peuple n’en a plus besoin.

Prenez vos responsabilités et travaillez avant qu’il ne soit trop tard !  Partagez ensuite les résultats de vos labeurs avec les populations… elles sauront alors en communiquer entres elles sans que vous ayez besoin d’ouvrir la bouche.  Vous êtes déjà bien étonnement riche, en tout cas c’est ce qui ressort de votre déclaration de patrimoine, que vous reste-il à faire sinon rechercher, en les méritant,  ne serait-ce qu’une petite once de gloire et des remerciements de votre peuple sous forme de réélection au moment de la prochaine présidentielle ?

Le peuple est fatigué d’entendre tous les jours vos querelles politiciennes de bas-étages au sein de votre parti, dans vos coalitions et/ou face à l’opposition. Vos accusations mutuelles d’enrichissement sont lassantes. Votre politique déguisée de quotas aux alliés de Benno Bokk Yakaar ne facilite ni une réduction conséquente du train de vie de l’Etat ni une sérénité dans la prise en charge des problèmes auxquels sont confrontés les populations. Ajoutez à cela votre cercle familial qui semble chausser les souliers de celui de votre prédécesseur dans les sphères de l’Etat et de la presse, et vous verrez vous-même que la coupe risque d’être trop pleine en si peu de temps.   
    

Alors, monsieur  le président, pour finir, appliquons-nous tous cette sagesse de Henry St John Bolingbroke loin de la polémique, du dénigrement, des menaces voilées et du propos va-t-en-guerre : « La vérité se meurt dans des limites, le champ de l'erreur est immense.»

Tous nos vœux de réussite à votre mission!


Tafsir Ndické DIEYE, Auteur de polars et de poésie

Vendredi 29 Novembre 2013 - 15:47



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