Niger: les habitants de Diffa souffrent des restrictions

Diffa est confrontée à une série de dispositions restrictives pour lutter contre Boko Haram. Le commerce du poisson du lac Tchad est interdit parce qu'il finance Boko Haram, selon les autorités nigériennes. Interdiction aussi des taxis-moto pour empêcher les infiltrations en ville. Des mesures qui frappent de plein fouet une économie locale déjà exsangue.



Le commerce du poisson du lac Tchad est interdit parce qu'il financerait Boko Haram. The Asahi Shimbun via Getty Images
Le commerce du poisson du lac Tchad est interdit parce qu'il financerait Boko Haram. The Asahi Shimbun via Getty Images

Il y a quelques semaines, Diffa  a connu une bouffée d'oxygène : le commerce du poivron a été autorisé à nouveau. Le commerce du poisson reste interdit. Tout comme la circulation des motos. Une catastrophe pour les jeunes qui faisaient le kabou-kabou, le taxi-moto.

« Nous avons rétabli le commerce du poivron, mais pour le poisson non, réaffirme Yacouba Soumana Gaoh, gouverneur de Diffa. Autoriser le commerce du poisson, c’est lever la mesure qui demandait aux gens de quitter les îles du lac. Il n’y a personne en dehors des activistes de Boko Haram, au niveau du lac. Par rapport aux motos, on va attendre et une fois que les choses se seront normalisées, on demandera aux gens de reprendre leur métier de kabou-kabou ou autre. »

Au marché, la crise se fait sentir. Selon le secrétaire général du syndicat des commerçants Ali Allassori, le commerce marche à 50 % actuellement. Il faut dire que le ravitaillement au Nigeria est beaucoup plus compliqué. « Avant, on allait se ravitailler à Maiduguri parce qu’on est situé à 200 kilomètres de Maiduguri, mais maintenant avec l’arrivée de ces bandits de Boko Haram, nous allons directement sur Kano », explique-t-il

Victime de la crise Boko Haram : l'éducation. « C’est pratiquement une année blanche, se désole Adamou, enseignant dans le primaire. On n’a fait que quatre mois de cours puisqu’on a fait la rentrée en octobre. Boko Haram  a surgi courant février. Début février, nous avons fermé les écoles et on n’a pas repris l’école jusqu’à aujourd’hui et là on est en vacances. »

 

Diffa a bien failli ne pas se relever des attaques de février. Près d'un tiers de la population a quitté la ville, avant de revenir quelques mois plus tard à la demande des autorités.


Rfi.fr

Mardi 14 Juillet 2015 - 07:38



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