Nouveau statut de la Palestine à l'ONU: des réactions contrastées

Applaudissements et youyous aux Nations unies, explosions de joie à Ramallah, satisfaction ou réserve dans les chancelleries, colère en Israël, les réactions se multiplient après le vote de l'Assemblée générale des Nations unies, accordant sans surprise à la Palestine le statut d'Etat observateur.



Nouveau statut de la Palestine à l'ONU: des réactions contrastées
C'est une décision attendue mais néanmoins historique. Les Palestiniens on fait le plein des voix et l’ont emporté avec une large majorité : 138 votes pour et neuf contre parmi lesquels Israël, les Etats-Unis et le Canada, plus 41 pays qui se sont abstenus.

Dans la salle de l’assemblée générale, comble, des applaudissements nourris ont éclaté et on a entendu dans le public des youyous lorsque le résultat du vote a été annoncé, rapporte notre correspondant à New York, Karim Lebhour.

A Ramallah au siège de l’Autorité palestinienne, le vote de l’ONU a été accueilli par des manifestations de joie et des tirs en l’air. A Gaza, le Hamas s’est félicité du succès de la résolution que le mouvement avait soutenue. « Il s'agit d'une nouvelle victoire sur le chemin de la libération de la Palestine et nous nous en réjouissons. Le Hamas la considère comme un succès unitaire qui suscite la joie au sein de notre peuple », a déclaré à l'Agence France-Presse un dirigeant du mouvement à Gaza.

Ramallah fait la fête - Reportage avec notre correspondante Emilie Baujard
« C’est un moment historique et on est très fier car on est sûr que c’est une étape importante pour la cause palestinienne. C’est un pas vers plus de justice et vers la création prochaine d’un Etat palestinien avec des frontières claires... »

En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a qualifié le discours de Mahmoud Abbas de « diffamatoire et venimeux». Le vote de l’ONU «ne changera rien sur le terrain. Il n'y aura pas d'Etat palestinien sans arrangements garantissant la sécurité des citoyens d'Israël» a encore précisé le chef du gouvernement israélien.

Du côté des Etats-Unis, même réserve. Ce vote ne fait pas de la Palestine un Etat, a déclaré Susan Rice, ambassadrice aux Nations unies. Elle a justifié le vote négatif de son pays par le fait que « la résolution malheureuse et contre-productive d'aujourd'hui met encore plus d'obstacles sur le chemin vers la paix ». Une critique reprise dans les mêmes termes par Hillary Clinton, secrétaire d'Etat. 

Outrre-Atlantique, le président français François Hollande a appelé après le vote, à la reprise des négociations entre Palestiniens et Israéliens « sans conditions et le plus rapidement possible ». « Le dialogue direct est en effet la seule voie pour trouver une issue définitive à ce conflit, ajouté le président français. La France est prête à y contribuer, en amie à la fois d'Israël et de la Palestine », dans un communiqué. La France a soutenu la motion palestinienne.

A Londres, alors que le Royaume-Uni s'est abstenu lors du vote, on déclare respecter la décision de l’assemblée générale. William Hague, chef de la diplomatie britannique, déclare dans un communiqué que le Royaume-uni « redoublera... (ses) efforts pour redémarrer le processus de paix, et on poursuivra notre ferme soutien au président Abbas, à l'Autorité palestinienne et à la solution de deux Etats ».
 


Avec RFI
 


Vendredi 30 Novembre 2012 - 13:17


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