Nucléaire iranien : Paris fait le jeu d’Israël selon Téhéran qui réaffirme ses « lignes rouges »

Dès samedi, avant même la fin des discussions, Téhéran fustigeait la sévérité de la position française sur le dossier du nucléaire iranien. Le porte-parole de la Commission des Affaires étrangères du Parlement iranien, Hossein Taghavi parlait même « d'un pays qui fait du chantage ». Après trois jours de négociations, aucun accord n'a été trouvé. Une nouvelle réunion aura lieu le 20 novembre et le président Rohani a réaffirmé ce dimanche quelles étaient les «lignes rouges» à ne pas franchir.



Nucléaire iranien : Paris fait le jeu d’Israël selon Téhéran qui réaffirme ses « lignes rouges »

Au lendemain de l’échec des négociations de Genève, Hassan Rohani a de nouveau répété que l’enrichissement d’uranium faisait partie des «lignes rouges» de l’Iran et qu’il n’était pas question d’y renoncer.


«Il y a des lignes rouges qui ne doivent pas être franchies et l’enrichissement d’uranium en fait partie », a déclaré le président iranien devant le Parlement.


La fermeture du réacteur d'Arak exigée par la France
 

Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius a en effet opté pour une position plus dure par rapport à ses partenaires occidentaux. Il a demandé la fermeture du réacteur d’Arak qui doit entrer en fonction d’ici à un an et demi. Il a également demandé à Téhéran de faire des concessions plus importantes sur son programme d’enrichissement d’uranium.


Interrogé sur la position de Paris, Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien, s’est gardé de critiquer directement l’attitude de la France mais il a affirmé que « Téhéran n’acceptait par qu’on lui dicte le texte de l’accord ». Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que le réacteur à eau lourde d’Arak faisait partie du programme nucléaire iranien, et que Téhéran insistait sur ses droits et la maîtrise de la technologie nucléaire.


Une manière de rejeter les demandes sur une suspension de l’enrichissement et un arrêt du réacteur de recherche d’Arak, qui peut à terme produire du plutonium. Or, ces deux questions étaient précisément celles qui ont apparemment empêché un accord à Genève.


La France «fait le jeu d'Israël» pour les conservateurs


Ces derniers jours, le Premier ministre israélien a en effet dénoncé les discussions de Genève en demandant aux grandes puissances en particulier aux Etats-Unis de ne pas signer un accord avec Téhéran.


Dimanche matin, les médias iraniens ont durement critiqué l’attitude de la France, coupable à leurs yeux d’avoir saboté les négociations. L’agence officielle IRNA a ainsi accusé le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius d’avoir saboté les négociations par sa position intransigeante. Certains parlementaires ont même accusé la France d’avoir faire le jeu d’Israël dans les négociations. «Alors que la population française veut une amélioration des relations entre Paris et Téhéran, le gouvernement français préfère malheureusement défendre les positions d’Israël» a déclaré le député conservateur Hossein Taghavi.

 


Rfi.fr

Dimanche 10 Novembre 2013 - 13:28



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